Une île en forme de symbole de dollar.
Photo : 123RF

Le groupe Échec aux paradis fiscaux réclame « des engagements forts et clairs » de la part des différents partis politiques en lice pour les prochaines élections fédérales au sujet de la lutte à l’évasion fiscale, un enjeu absent de la présente campagne, selon le collectif.

Dans un communiqué diffusé jeudi, le collectif, qui représente près de 1,7 million de citoyens canadiens issus d’organisations syndicales, communautaires et étudiantes, tire de nouveau le signal d’alarme.

En présence du comédien Vincent Graton, l’organisation s’est rassemblée jeudi devant l’entrée de l’Agence du revenu du Canada (ARC), à Montréal, afin d’attirer l’attention sur le problème des paradis fiscaux. Les données de Statistique Canada montrent que plus de 350 milliards de dollars se trouvent aujourd’hui illégalement hors du pays, souligne-t-elle.

« UNE QUESTION DE COURAGE POLITIQUE »

Pour mettre un terme à ce qu’il qualifie de « scandale », le collectif rappelle qu’il a rencontré chaque parti politique fédéral depuis février pour présenter ses « 12 solutions audacieuses ».

« Nos revendications sont réalisables et, si elles étaient mises en pratique, elles enverraient le message que les formations politiques prennent enfin au sérieux la lutte contre les paradis fiscaux. Ce n’est pas une question de faisabilité, mais bien de courage politique », explique dans le communiqué Samuel-Élie Lesage, porte-parole.

En se réunissant devant l’entrée de l’ARC, le groupe entendait souligner « l’importance cruciale pour les finances publiques canadiennes de la lutte contre les paradis fiscaux ». Au passage, il a également déploré « le fait que le Parti libéral du Canada et le Parti conservateur aient refusé de participer au débat électoral » qu’il souhaitait organiser à ce sujet, ce qui a entraîné son annulation.

« On prive ainsi l’électorat d’un moment précieux pour discuter de cet enjeu. Doit-on en conclure que le Parti libéral ou le Parti conservateur maintiendra des politiques complaisantes à l’égard des paradis fiscaux une fois élu? » s’interroge Samuel-Élie Lesage.

Dans le cadre de cette opération médiatique, Vincent Graton a par ailleurs déposé un bouquet d’oiseaux de paradis au bureau de Justin Trudeau ainsi qu’au Parlement, à Ottawa, afin de « dénoncer le recours aux paradis fiscaux », comme il l’avait déjà fait en 2017.

« L’ARC a besoin d’amour pour mener à bien sa mission et nous venons ici souligner que les partis doivent s’engager clairement à revoir en profondeur la fiscalité canadienne pour mettre fin aux stratagèmes de recours aux paradis fiscaux. C’est ce qu’attend la population! » a conclu le comédien.