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Dans un récent « Point de vue économique », l’économiste principal de Desjardins discute de la volatilité des cryptomonnaies, mais surtout du potentiel de la technologie des chaînes de blocs.

Si la montée fulgurante du bitcoin et de quelques autres monnaies virtuelles faisait rêver en 2017, ce n’est plus le cas en 2018. Après un sommet de près de 20 000 dollars américains (26 295 $CA) en décembre 2017, la valeur d’un bitcoin avoisine maintenant les 7 000 $US (9 203 $CA). L’ether et le ripple, les deuxième et troisième plus fortes cryptomonnaies, ont suivi un chemin similaire. La valeur de l’ether est passée d’environ 1 400 $US (1 840 $CA) en janvier 2018 à un peu plus de 500 $US (657 $CA) en juillet, alors que la seconde est passée de près de 3,50 $US (3,6 $CA) à 0,50 dollars américains (0,66 $CA) pendant la même période.

EFFET DE RARETÉ

La valeur du bitcoin pourrait augmenter lorsqu’elle aura atteint son maximum de disponibilité. En effet, le nombre d’unités d’une cryptomonnaie en circulation est prédeterminée par le programme informatique qui la régit. En ce moment, il y a 17 millions de bitcoins sur le marché et l’offre sera éventuellement plafonnée à 21 millions. Un effet de rareté pourrait alors se faire sentir et relancer la valeur de cette devise virtuelle à la hausse. À condition, bien sûr, que la demande soit au rendez-vous. Ce qui n’est pas certain, en raison du très grand nombre de cryptomonnaies (plus de 1 600 en ce moment) rivales en circulation.

INCERTITUDES

D’autres bémols pourraient aussi venir freiner l’essor des cryptomonnaies. Desjardins cite par exemple l’absence de cadre juridique et de mécanismes de protection des consommateurs, l’impossibilité de renverser une transaction sans l’accord de l’autre partie, le risque de perdre accès à son portefeuille (perte de mot de passe, piratage) ou la difficulté de conceptualiser des prix. Par exemple, un café à 2 $ équivaut à environ 0,0002 BTC. Attention de ne pas placer la virgule au mauvais endroit, ce pourrait être coûteux…

Desjardins rappelle que si l’on parle aisément de cryptomonnaie, les bitcoins et ses semblables n’ont pas les caractéristiques d’une monnaie. Elles ne peuvent pas vraiment être utilisées comme unité de compte, c’est-à-dire comme point de référence pour exprimer les prix de tous les biens et les services, ni comme réserve de valeur et comme moyen de transaction. La Banque du Canada les comparait plutôt récemment à un jeu d’argent.

LE POTENTIEL DES CHAÎNES DE BLOCS

Plus encore que les cryptomonnaies, c’est la technologie des registres distribués (chaînes de blocs) qui pourrait trouver le plus d’applications dans l’avenir. La Bourse d’Australie a déjà annoncé qu’elle souhaitait l’utiliser pour remplacer sa plateforme d’échange actuelle, dans quelques années.

Par ailleurs, si des monnaies nationales commençaient à s’échanger sur des réseaux utilisant cette technologie, cela viendrait révolutionner les modes de paiement, voire remplacer l’argent comptant, rappelle Desjardins. Or, les banques centrales étudient cette possibilité.

Des conditions devront toutefois être réunies pour que bourses et banques centrales se laissent tenter. « Les réseaux doivent être conçus pour traiter rapidement, et à faible coût, une grande quantité de transactions, tout en maintenant un haut degré de sécurité pour les utilisateurs, prévient l’économiste principal de Desjardins. Cela inclut aussi la sécurité sur le plan juridique, avec des mécanismes de protection adaptés. »