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Vous croyez que vous êtes actif sur LinkedIn parce que vous avez ouvert un profil, vous envoyez des demandes de relations à vos contacts professionnels et que vous en recevez en échange? Eh bien, vous vous trompez! À en croire Sonia Bouchard et Michelle Blanc, deux expertes ès réseaux sociaux, vous pourriez – et vous devriez – faire bien plus.

LinkedIn, c’est plus qu’un média social, c’est votre réseau d’affaires 2.0, estime Mme Bouchard, affirmant que peu de professionnels l’utilisent à sa juste valeur.

C’est le meilleur endroit pour mettre en avant ses compétences et développer son entreprise, ajoute Mme Blanc.

Les deux expertes et deux professionnels des services financiers ayant investi LinkedIn dévoilent cinq trucs pour que les moments passés sur le réseau social ne soient pas que du temps perdu.

1. PRENDRE SOIN DE SON IMAGE

LinkedIn, c’est avant tout de la visibilité, alors gare à l’image projetée! Il est important de bien choisir sa photo, de qualité professionnelle, de préférence sur fond uni et de la tête aux épaules. Le résumé de votre expertise doit quant à lui être concis et percutant.

« Très visuel également, avec des mots clés, ajoute Sonia Bouchard. Gardons toujours en tête que les gens lisent peu. »

La spécialiste des médias sociaux pour le développement des affaires considère également l’outil de recommandation comme des plus pertinents.

« Ce n’est pas moi qui parle de moi, mais mes clients ou mes partenaires d’affaires, note-t-elle. Ça a tellement plus de valeur. »

« Les gens ont en général besoin de trois sources qui parlent en bien de quelqu’un pour lui faire vraiment confiance, ajoute Michelle Blanc. Ça peut être des amis, la famille, le journal, la radio, ou encore une recommandation sur LinkedIn. Il ne faut jamais hésiter à demander à un client satisfait de vous appuyer de cette façon. »

Alberto Plevano évoque quant à lui la transparence que confère ce type d’outil. Pour ce conseiller en sécurité financière à Industrielle Alliance, être sur LinkedIn, c’est afficher publiquement qui l’on est, d’où l’on vient, avec qui l’on travaille et ce qui nous intéresse dans notre pratique. Ça peut donner confiance aux gens, croit-il. Mais c’est aussi montrer que l’on est quelqu’un qui est capable de s’adapter aux tendances.

« La compétition est rude dans notre milieu, confirme Marc-André Martel, conseiller en sécurité financière au groupe Les Financiers. Les médias sociaux, ce n’est plus l’ère de demain. C’est devenu celle d’aujourd’hui. Dans notre milieu, ça fonctionne beaucoup par le bouche-à-oreilles. Là, on est dans le bouche-à-oreilles 2.0. »

2. PARLER DE SON SUJET PLUS QUE DE SOI

« Le « moi, je », ça écœure tout le monde, lance Michelle Blanc. C’est du narcissisme, personne n’en veut. Mieux vaut parler de son sujet. »

Certains professionnels croient que s’ils partagent trop d’informations sur leur spécialité, les gens vont en savoir assez pour s’occuper de leurs affaires eux-mêmes, ajoute la consultante en réseaux sociaux. Mais ce serait avoir une trop haute opinion de la nature humaine, croit-elle.

« Personne ne va jamais tout lire, affirme-t-elle. Mais les internautes vont voir que toi, tu en connais un paquet sur ton sujet. »

Son conseil : ouvrir un blogue, écrire de manière intelligente sur son industrie et partager ses textes sur son compte LinkedIn. Et à ceux qui lui répondent qu’ils ne savent pas bien écrire, elle rétorque qu’ils savent parler et qu’ils ont probablement un assistant capable de prendre des notes et de les mettre en forme.

« Et s’ils ne savent ni écrire, ni parler, que font-ils en affaires? » se demande-t-elle.

3. ÉTABLIR UN CONTACT PERSONNEL

Partager, commenter, « aimer », c’est bien, mais ce n’est pas être actif sur LinkedIn, explique Sonia Bouchard. Il faut interagir avec les gens, s’intéresser à eux. Elle raconte qu’elle-même entre en contact avec toutes les personnes qui se connectent à elle.

« S’enorgueillir d’avoir 1001 relations, c’est comme collectionner les cartes d’affaires », compare-t-elle.

Alberto Plevano, lui, affectionne le fait de pouvoir communiquer avec ses relations sans tomber au mauvais moment.

« Les gens sont très occupés aujourd’hui, indique-t-il. Mon coup de téléphone va peut-être mal tomber. Le message LinkedIn, ils le liront quand ils voudront et on pourra prendre rendez-vous par ce canal. »

4. Y ALLER UN PEU TOUS LES JOURS

L’important avec LinkedIn, c’est d’être constant. Inutile d’y passer tout un vendredi après-midi histoire de faire ses devoirs en retard. Trente minutes par jour : tant les experts que les conseillers semblent s’entendre sur cette fréquence.

« J’y suis tous les jours, raconte Alberto Plevano. Je fais le suivi, je cherche des prospects, je contacte les gens qui entrent en relation avec moi. Je montre que je suis là. »

Marc-André Martel y va pour partager des nouvelles, lire les commentaires, mesurer l’achalandage sur telle ou telle publication, faire des demandes de relations, bref, animer son réseau. Un travail qu’il estime payant puisqu’en cinq ans, quatre des conseillers qui se sont joints à sa firme l’ont découvert par LinkedIn.

« La magie, ça n’existe pas! lance pour sa part Michelle Blanc. Ceux qui pensent qu’ils peuvent passer trente minutes par semaine sur LinkedIn et avoir des résultats, ils croient au père Noël. »

Elle déconseille par ailleurs de passer par une agence pour gérer son profil, car seul le professionnel connaît vraiment son sujet.

« La passion, la connaissance, ça ne se sous-traite pas », conclut-elle.

5. ALLER AU BOUT DE LA VERSION GRATUITE

Version gratuite ou premium? Sonia Bouchard se fait souvent poser la question. Selon elle, la version gratuite dispose déjà de tellement de possibilités qu’il est inutile de payer pour l’autre. Elle accueille d’ailleurs très favorablement une des toutes dernières fonctionnalités de la version gratuite, qui permet de communiquer avec des gens sans qu’ils fassent partie de notre liste de contacts.

« Lorsque quelqu’un nous écrit pour devenir une de nos relations, nous avons aujourd’hui la possibilité de lui répondre avant de l’accepter, précise-t-elle. Ça permet de comprendre pourquoi cette personne veut entrer en contact avec nous. »

Marc-André Martel envisage quand même de tenter l’expérience premium dès le mois prochain. Il souhaiterait en effet bénéficier des fonctionnalités de sa plateforme de recrutement – visibilité illimitée des profils, suggestion de candidats, suivi des candidatures, etc.

Sonia Bouchard rappelle à cet effet que quiconque peut tester le compte premium gratuitement pendant un mois. Mais elle met également en garde contre la tentation – bien ancrée avec cette version bonifiée – de se bâtir un réseau de 1 000, voir 5 000 contacts.

« Plus le nombre de contacts est grand, moins vous avez la possibilité de tisser des liens de qualité », prévient-elle.