On pourrait croire les Y mieux armés que les autres contre la fraude technologique. Après tout, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits. Pourtant, ils forment le groupe le plus vulnérable contre ce type de crime.

En 2017, environ la moitié des victimes de fraude au Canada sont issues de la génération Y, soit presque deux fois plus que la génération X (30 %). Les boomers suivent à 18 %, selon le plus récent rapport d’Equifax.

En plus d’avoir besoin d’argent, les jeunes semblent trop optimistes, ce qui les rend plus crédules. Ils sont les plus habiles à utiliser les nouvelles technologies, mais le font avec peu d’égard pour leur vie privée et leur sécurité.

Ils sont aussi les plus nombreux à partager leurs numéros d’identification personnels (NIP) avec leur famille et amis, à utiliser des informations personnelles comme leur date de naissance dans leurs NIP et à partager facilement leur numéro de carte de crédit au téléphone ou par courriel, rapportait récemment le Financial Post sur la base d’un sondage mené par Capital One Canada.

« Les Y ont grandi dans l’économie de partage et sont habitués à partager de l’information sur leur vie privée avec des amis ou des gens sur les médias sociaux », soutient Brent Reynolds, vice-président exécutif de Capital One Canada, dans le Financial Post.

Vous voulez aider vos clients à éviter ces écueils? Le quotidien économique torontois présente la liste des cinq arnaques les plus courantes.

1- LA FAUSSE OFFRE D’EMPLOI

Elles sont partout. On en reçoit par courriel, par texto, sur les médias sociaux, sur les tableaux d’affichage du cégep ou de l’université. Elles proposent régulièrement des tâches comme acheter des produits et services et les évaluer. Malheureusement, elles sont souvent fausses. « Pour chaque offre légitime, il y en dix qui sont des arnaques », estime Tom Keenan, expert en cybersécurité et professeur à l’université de Calgary.

Si l’employeur exige de payer votre jeune client à l’avance, par exemple pour de la formation, mieux vaut qu’il y renonce. Il doit aussi se méfier des emplois qui proposent de travailler de la maison, de commencer immédiatement (sans même une entrevue ou un contact préalable) et qui n’exigent aucune expérience.

2- LES ACHATS EN LIGNE

Les Y ont adopté le commerce en ligne, mais celui-ci recèle des pièges. Certaines fausses boutiques en ligne ne servent en fait qu’à voler le consommateur et surtout à recueillir les données de sa carte de crédit, lesquelles peuvent être revendues par la suite. Il ne faut pas hésiter à chercher des évaluations d’un commerce en ligne, à vérifier que la paiement est sécurisé (en s’assurant que l’icône du cadenas apparaît dans la barre du fureteur au moment de compléter la transaction) ou à utiliser PayPal lorsque c’est possible.

3- LE FINANCEMENT PARTICIPATIF

Parfois mieux connu sous son appellation anglaise crowdfunding, le financement participatif est populaire. Certains l’utilisent pour le démarrage d’une entreprise ou d’un projet d’innovation, d’autres pour faire appel à la générosité des gens lorsqu’ils sont éprouvés par une situation difficile. Mais il sert malheureusement parfois à détrousser les investisseurs. En 2014, une femme de l’Iowa, Leatha Kaye Slauson, a amassé des milliers de dollars sur la plateforme GoFundMe pour payer les traitements de sa petite fille de cinq ans atteinte d’un cancer en phase terminale. Sauf que son enfant était en parfaite santé…

Deux ans plus tard, Jessica Good, une femme de l’Oklahoma, répétait la même opération en inventant un cancer à sa fille de 4 ans, amassant du coup plus de 24 000 $US (32 800 $CAN), dont plus de 8 700 $US (11 900 $CAN) sur GoFundMe. C’est tout de même moins que le 1,5 M$ amassé sur Indiegogo par les « créateurs » de la montre intelligente Kreyos Meteor, qui n’ont rien créé d’autre qu’un trou dans le portefeuille de leurs investisseurs. Bref, mieux vaut se méfier…

4- L’ARNAQUE DES « MAUVAIS COMPORTEMENTS »

Le bon vieux chantage profite de l’arrivée des nouvelles technologies. Il est désormais plus facile d’être photographié ou filmé dans des situations peu flatteuses, de nature sexuelle ou autre. Or, il n’est pas rare que ces images reviennent hanter les gens. De supposés amis, d’anciens amoureux ou amants ou même de purs inconnus qui ont mis la main sur ces fichiers peuvent menacer de les répandre sur la toile s’ils n’obtiennent pas de l’argent. Lorsqu’il s’agit d’images de nature sexuelle, cela s’appelle de la « sextorsion » et c’est un crime. Les victimes devraient appeler la police rapidement.

5- L’IMPRUDENCE

La meilleure alliée des fraudeurs. Personne n’est à l’abri. On télécharge une fausse application qui infecte le téléphone d’un logiciel malveillant. On clique sur un lien envoyé par courriel et on active le même type de virus. Les occasions sont nombreuses, en particulier avec les téléphones intelligents, avec lesquels les gens sont peu prudents.

Pas une mauvaise idée d’en discuter avec vos clients, notamment les Y. Un client averti en vaut deux!

La rédaction vous recommande :