Immeuble contemporain en bois.
Photo : eyewave / 123RF

Ce matériau devrait séduire les investisseurs soucieux de l’environnement, du social et de la bonne gouvernance (ESG), dit Dominique Barker, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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Selon elle, les produits forestiers peuvent contribuer à atteindre les Objectifs de développement durable définis en 2015 par l’ONU. Au nombre de 17, ces objectifs s’attaquent à des problématiques ESG comme « pas de pauvreté » (no 1), « inégalités réduites » (no 10) ou « vie aquatique » (no 14).

Ceux qui concernent le bois seraient « Industrie, innovation et infrastructure » (no 9), « mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques » (no 13), et « consommation et production responsables » (no 12).

« Aujourd’hui, le bois est surtout utilisé dans la construction et la rénovation résidentielles, mais il pourrait aussi prendre une plus grande place dans la construction commerciale. On commence à voir apparaître de nouvelles méthodes qui permettent de construire de grands édifices avec du bois », dit Dominique Barker.

« Saviez-vous que l’industrie du ciment génère plus de 5 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde? Et celle de l’acier, environ 3 %? Les méthodes actuelles de construction utilisent surtout le ciment et l’acier, ce qui génère beaucoup d’émissions nocives », poursuit-elle.

« Quand un arbre grandit, il absorbe du dioxyde de carbone qui lui sert d’aliment. En utilisant plus de bois dans la construction, on pourrait stocker ce dioxyde de carbone pendant de très longues périodes, ce qui bénéficierait à tous du point de vue des changements climatiques. Je pense qu’on va voir davantage d’innovation dans ce domaine. »

L’experte cite en exemple l’ambitieux projet immobilier Sidewalk Toronto de Google, où le bois sera à l’honneur.

« Le bois offre un potentiel énorme pour créer un monde meilleur en stockant le dioxyde de carbone, et pour créer de beaux bâtiments qui, au fond, sont plus agréables que des constructions en acier ou en ciment », dit Dominique Barker.

Du point de vue l’investisseur ESG canadien, la société vancouvérienne West Fraser est un bon exemple de placement dans les produits forestiers d’ici, selon l’experte.

« Outre les qualités de ses produits pour le développement durable, l’entreprise est encore sous-évaluée. Ses flux de trésorerie disponible sont dans les deux chiffres, elle n’a aucune dette, et procède à des rachats d’actions. C’est donc un placement intéressant dans du point de vue financier que ESG », dit Dominique Barker.

Mme Barker aborde également la question de la gouvernance (le « G » dans ESG) et plus particulièrement la diversité des sexes dans les conseils d’administration canadiens.

« Une bonne gouvernance implique la reconnaissance et la bonne gestion du capital humain, environnemental et social par la direction de l’entreprise », résume-t-elle.

« En tant qu’investisseurs, nous regardons d’abord le conseil d’administration, sa composition et son jeu de compétences, et ses parts dans l’entreprise. Nous analysons aussi les aspects éthiques, la conformité légale et réglementaire, la structure de compensation, la diversité à tous les niveaux de l’organigramme, la divulgation financière, et bien sûr la responsabilité citoyenne de l’entreprise. »

« La diversité est un point particulièrement important pour nous car nous sommes membres du 30 % Club, qui vise à assurer au minimum 30 % de diversité des sexes dans les conseils d’administration. Toute l’équipe de Gestion d’actifs CIBC s’implique auprès des entreprises dans lesquelles nous investissons pour voir davantage de femmes aux conseils d’administration, et nous commençons à voir des progrès dans ce domaine », dit Dominique Barker.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.