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Un récent rapport de HSBC se fait rassurant quant aux perspectives du marché pour les six prochains mois, tout en identifiant certains risques qu’il vaut mieux garder à l’œil.

Si le retour de la volatilité a marqué la première moitié de 2018, les perspectives pour les investisseurs canadiens demeurent assez intéressantes, selon HSBC. L’économie canadienne se veut l’une des plus performantes au monde, avec celle des États-Unis. Cela se traduit par des actions canadiennes offrant de bonnes valeurs, soutenues par des revenus solides. HSBC prévoit une croissance de 15 % des revenus dans le secteur privé canadien en 2018.

De bons bilans financiers et un faible taux de défaut devraient aussi inspirer confiance dans le marché des revenus fixes du secteur privé canadien.

DES DIVERGENCES RÉGIONALES IMPORTANTES

Toutefois, une évolution divergente de l’économie dans plusieurs régions et certains risques géopolitiques forcent les investisseurs à rester vigilants, notamment quant à leur répartition d’actifs.

Certaines économies, comme celles de notre voisin du Sud, connaissent une forte croissance, une montée de l’inflation et une perspective de rehaussement des taux d’intérêt. D’autres, comme l’Europe et le Japon, vivent au contraire une croissance plus lente et une inflation beaucoup plus modérée. Cela complique le portrait du côté des obligations gouvernementales. HSBC souligne que les obligations américaines sur deux ans offrent des rendements intéressants, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans plusieurs autres pays développés. L’institution financière craint toutefois que l’augmentation des taux ne vienne nuire à ce type de titre.

HSBC privilégie par ailleurs aux obligations privées les actions mondiales, les actions de pays émergents et les obligations de marchés émergents en devises locales.

DES ACTIONS ASIATIQUES ATTIRANTES

Du côté des actions, HSBC croit que les investisseurs n’ont pas encore tenu compte de la croissance des revenus des entreprises dans plusieurs marchés. Cela crée de bonnes occasions d’acheter des titres sous-évalués.

La banque se tournera encore vers l’Asie dans les prochains mois, notamment en Inde et en Chine, où la croissance des profits dans le secteur privé varie entre 15 % et 19 %. Même la Corée du Sud, un marché plus mature, devrait voir ses profits grimper d’environ 12 % en 2018. Ces marchés asiatiques offrent des titres moins coûteux que d’autres marchés, tout en permettant de s’exposer à des croissances plus fortes des profits dans le secteur privé.

LE RISQUE TRUMP

Donald Trump oblige, les États-Unis sont au centre de la plupart des risques identifiés par HSBC. Parmi ceux qui pourraient affecter les investisseur, HSBC note un choc inflationniste aux États-Unis, qui ferait remonter les taux d’intérêts et ralentirait l’économie mondiale. La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ainsi que, dans une moindre mesure, la difficulté à renouveler l’Accord de libre-échange nord-américain ou les tensions avec l’Union européenne sont aussi dans le collimateur.

Des risques que souligne aussi Kevin McCreadie, président d’AGF Investments Inc. sur le blogue AGF Perspectives. Il s’inquiète notamment des tensions entre les États-Unis et le Canada, le Mexique et l’Union européenne. « Prises ensemble, les tensions commerciales mondiales représentent un risque croissant et continueront de jouer un grand rôle dans la direction que prendront les marchés d’actions dans les six prochains mois, écrit-il. Pour l’instant, la croissance économique demeure robuste et devrait aider à pousser les actions à la hausse, mais les investisseurs doivent rester vigilants. Si certaines négociations entres les États-Unis et ses alliés tournaient mal, les gains pourraient rapidement se transformer en pertes. »