Cory Thoman / 123RF

L’objectif de cette leçon est de nous faire bien comprendre le sens de ces mots. Commençons donc par les définir : action et obligation. Dans une prochaine leçon, nous parlerons des fluctuations et des risques inhérents à chacun des deux. Aujourd’hui, nous étudierons et dégusterons une seule notion à la fois!

Action : titre de propriété; ce titre représente une fraction du capital d’une personne morale (compagnie, corporation, …). Le détenteur possède ici une part, un « morceau » de la compagnie. Il est propriétaire de cette part de compagnie.

Obligation : titre de créance; ce titre représente un emprunt à court ou à long terme émis par une personne morale (compagnie, corporation, municipalité, État…) et donnant droit à son détenteur de percevoir un intérêt (généralement fixe) et droit au remboursement de la somme ainsi avancée, ceci à une échéance déterminée. Le détenteur prête son argent à une compagnie, à un emprunteur, à un gouvernement.

Actions et obligations étaient, jusqu’il n’y a pas si longtemps, représentées sous forme d’un document papier : le certificat d’actions ou d’obligations. Nous en voyons des exemples sur l’image ci-dessous.

Aujourd’hui, elles sont, sauf exception, représentées par une inscription dans le registre électronique d’un fiduciaire (un trust, une fiducie). Cette inscription est équivalente à un certificat papier.

Similitude : actions et obligations sont, généralement, cessibles (vendables et achetables) et négociables sur les marchés financiers. Un marché financier, c’est donc tout simplement un endroit où l’on achète et vend des produits financiers, les uns très simples (actions et obligations), d’autres très compliqués et souvent risqués, voire dangereux, comme les produits dérivés.

Ces marchés s’appellent : Bourses des valeurs mobilières. Il en existe un grand nombre, par exemple : New York, Londres, Tokyo, Shanghai, Toronto, Francfort, Paris, Moscou, Montréal, … et bien d’autres dans presque tous les pays.

Nous pouvons acheter et vendre actions et obligations n’importe quand au prix du marché. N’oublions pas que la valeur d’une obligation fluctue tous les jours en fonction de critères qui leurs sont propres, critères que nous étudierons en détail plus tard.

En ce sens, les actions et les obligations sont dites « liquides »… parce que nous pouvons les « liquider », c’est-à-dire les transformer en argent liquide facilement et rapidement… si, bien entendu, il existe un marché, une Bourse pour les vendre ou les acheter.

Ces marchés financiers font l’objet de multiples et complexes réglementations pour protéger les avoirs des investisseurs; mais ceci est une autre histoire.

QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES ESSENTIELLES ENTRE CES DEUX TITRES… ? 

Notons en cinq principales :

  • Plan juridique : titre de propriété et titre de créance

Si je suis propriétaire d’une action de la Compagnie ABC, j’ai un mot à dire dans la gestion de cette compagnie. Ce mot, je puis l’exprimer par mon droit de parole et mon droit de vote à l’assemblée générale annuelle de la Compagnie ABC.

Vous me direz que mon petit droit de vote à moi tout seul, copropriétaire en quelque sorte, ne fera jamais le poids pour changer quelque chose dans la compagnie ABC dirigée par son tout puissant conseil d’administration. C’est en partie exact… et pourtant il suffit qu’un certain nombre d’actionnaires se rassemblent pour remplacer tout un conseil d’administration. C’est un peu comme en politique où un grand nombre de petits votes expulsent un mauvais gouvernement. Mais nous ne débattrons pas ici de ce qu’est un bon ou un mauvais gouvernement…

Par contre, le titulaire d’une « obligation », ou « cocréancier » n’a rigoureusement rien à dire dans la compagnie. Il a simplement « prêté » son argent à la compagnie pour un temps limité (Échéance de l’obligation).

Il a le droit d’attendre d’être remboursé. Si la compagnie fait faillite, il perdra très probablement sa mise de fonds, si pas en totalité, au moins en partie.

Comparaison : sommes-nous propriétaire ou locataire de notre résidence, de notre habitation? La situation de l’un est très différente de celle de l’autre… comme entre actions et obligations. Notre comportement aussi sera souvent différent.

  • Plan de l’expression, de la dénomination :
  • Le titulaire ou détenteur de l’obligation prête son argent à une compagnie qui emprunte cet argent en émettant en échange une obligation (parce qu’elle « s’oblige » à le rendre plus tard, avec intérêts) dont le montant est exprimé en monnaie (1 000 dollars, euros, yens, francs, pesos…)
  • La dénomination des actions s’exprime en unités qui représentent une fraction du capital de la compagnie. La compagnie n’est jamais obligée de rendre l’argent des actions souscrites ou achetées par les investisseurs.
  • Plan de la fluctuation : Nos placements fluctueront en valeur
  • selon le niveau général des taux d’intérêt, la durée de l’emprunt et la qualité de l’emprunteur pour les obligations.
  • selon la Bourse pour les actions, c’est-à-dire selon les conditions économiques générales, la qualité de la gestion de la compagnie, et aussi l’humeur, parfois très variable, des investisseurs et des spéculateurs.Les fluctuations des actions sont d’habitude plus fortes et plus rapides (lois psychologiques et financières) que les fluctuations des obligations (lois mathématiques et notations des agences de crédit).
  • Plan du risque :

L’obligation est, en principe, plus « sécuritaire » parce que, en cas de liquidation (volontaire ou faillite), la compagnie doit rembourser les titulaires d’obligations, intérêt et principal, avant de payer un seul cent aux actionnaires. Mais, répétons-le, si la compagnie fait faillite, le prêteur perdra très probablement sa mise de fonds, si pas en totalité, au moins en partie.

Cependant, notons dès maintenant ceci :

Un critère important de la qualité des obligations est la « cote de crédit » émise par les agences de notations. Les gouvernements obtiennent généralement de meilleures cotes car ils ne peuvent, en théorie, faire faillite. Par contre, les faillites de compagnies sont plus fréquentes. Leur cote (ou leur risque) sera donc moins bonne que celle des gouvernements. Le taux d’intérêt qu’elles offriront sera donc plus élevé, mais n’oublions pas que c’est pour refléter un risque plus grand que celui des obligations gouvernementales. Nous voyons ainsi que les obligations comportent aussi une dose de risque, même les obligations gouvernementales. Qui n’a pas entendu parler des tribulations des Grecs et de la Grèce?

  • Plan du rendement :

Retenons tout simplement ici que, sur de très longues périodes (10, 20, 30 années), les actions rapporteront plus que les obligations. Citons 7 % et 3 % par an nets d’inflation mais avant frais et impôts. Nous parlons ici d’un ensemble d’actions comparativement à un ensemble d’obligations.

Note : les obligations rapportent des intérêts tandis que les actions rapportent des dividendes et des plus-values.


Jean_Dupriez_NB_150Jean Dupriez, LL.L., DAE., est planificateur financier et membre de l’Association des MBA du Québec. Auteur de deux ouvrages, Le classement des documents personnels (2002) et Savoir choisir son conseiller financier (2010), il s’exprime régulièrement sur les enjeux de la profession dans son blogue sur Conseiller.ca.