Photo : Brian Jackson / 123RF

En cinq ans, le nombre de contribuables canadiens qui se sont fait piéger par de faux employés de l’Agence du revenu du Canada (ARC) a été multiplié par dix, rapporte le Journal de Montréal dans son édition de lundi.

Résultat, le montant que ces escrocs ont dérobé à leurs victimes est passé de 300 000 à plus de 6,4 millions de dollars entre 2014 et 2018, selon des données du Centre antifraude du Canada (CAFC) obtenues par le quotidien montréalais.

« Rien ne semble plus freiner les malfaiteurs », souligne-t-il, précisant que les pertes subies par les particuliers ont dépassé pour la première fois le montant de six millions l’an dernier, soit le double par rapport à 2017. Et encore, insiste le Journal, il ne s’agirait là que de « la pointe de l’iceberg » puisque le CAFC estime que moins de 5 % des victimes signalent qu’ils ont fait l’objet d’une fraude.

« C’EST LE PARADIS DES FRAUDEURS »

Les montants dérobés incluent tous les types d’arnaques existants, notamment l’hameçonnage et l’extorsion de fonds, que ce soit par des appels téléphoniques, des courriels ou des textos. « Ce phénomène est en forte croissance et je ne crois pas que ça va diminuer. Ça va plutôt se multiplier de plus en plus », avertit dans le JdeM le président du Bureau canadien du crédit, qui reçoit régulièrement des plaintes de victimes.

« C’est le paradis des fraudeurs, car dans ce cas les sentences sont bonbons. Les autorités n’ont ni les effectifs ni les moyens pour enquêter sur ça », ajoute Sylvain Paquette, qui affirme qu’il s’agit en général d’affaires complexes dans lesquelles les arnaqueurs laissent peu d’indices. « C’est excessivement payant [pour les fraudeurs]. Chaque dollar investi en rapporte 1 000 », poursuit-il.

Bien qu’un nombre croissant de consommateurs au pays soient sensibilisés à ce problème, le Journal relève que les malfrats ciblent souvent des personnes vulnérables, comme les aînés ou les nouveaux arrivants. En outre, explique Sylvain Paquette, l’arrivée massive des nouvelles technologies leur facilite la tâche. C’est notamment le cas de certaines applications qui permettent à une personne malintentionnée de masquer son numéro de téléphone et d’en afficher un autre, par exemple celui d’une banque. De même, cette année, plusieurs escrocs ont envoyé de faux textos à des contribuables les invitant à cliquer sur un lien pour recevoir un soi-disant retour d’impôt.

COMMENT ÉVITER LES ARNAQUES?

Pour éviter tout problème, l’ARC recommande notamment aux particuliers de se méfier des personnes qui téléphoneraient à la maison en se faisant passer pour des fonctionnaires du gouvernement. « Les escrocs prétendent qu’une vérification récente révèle des irrégularités dans des déclarations de revenus antérieures. Ils disent que vous serez bientôt arrêté et que vos biens seront saisis si vous ne payez pas la facture en souffrance dans un court délai. Les imposteurs peuvent communiquer avec vous par téléphone, par Facebook, par courriel ou par texto. Vous pourriez aussi recevoir un courriel vous informant que vous avez droit à un remboursement », met en garde l’Agence.

Afin d’aider les consommateurs à déjouer la fraude, l’ARC leur recommande :

  • de communiquer avec elle pour confirmer qu’ils doivent bien de l’impôt ou qu’ils ont droit à un remboursement;
  • de ne jamais fournir de renseignements personnels lorsqu’ils reçoivent un appel, de demander le nom de leur interlocuteur, de consigner l’information et de se renseigner;
  • de communiquer avec Equifax ou Trans Union pour qu’on ajoute une alerte à la fraude à leur compte s’ils ont divulgué des renseignements personnels;
  • d’effectuer la même démarche avec leur institution financière s’ils ont fourni des renseignements bancaires aux arnaqueurs;
  • enfin, de contacter leur service de police local, si on leur a extorqué de l’argent ou tenté de le faire, afin de signaler l’incident.