Panier d'épicerie rempli de cubes marqués de signes de pourcentage.
Photo : Vasiliy Yakobchuk / 123RF

L’immobilier, l’automobile, l’industrie et les banques se négocient à rabais aux États-Unis, note Paul Roukis, gestionnaire de portefeuille pour les stratégies de valeur à forte capitalisation chez Rotschild Asset Management, à New York.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Les marchés d’action ne me semblent ni surévalués ni sous-évalués, considérant l’environnement actuel. Le consensus ambiant est un ratio cours-bénéfice d’environ 15 pour 2019, ce qui est raisonnable considérant les profils de risque et de croissance des entreprises américaines en ce moment », dit Paul Roukis.

Ce ratio tournait autour de 18 voilà un an, mais les actions américaines ont légèrement baissé en raison de perspectives de croissance réduites, dit l’expert.

À titre de gestionnaire de style valeur, Paul Roukis tente d’identifier les secteurs du marché où les prix sont trop élevés, ou au contraire attrayants. Le secteur des services d’utilité publique, par exemple, appartient au premier groupe selon lui.

« Les entreprises réglementées du secteur ont profité de l’incertitude des marchés ces derniers mois. Elles ont surperformé dans un contexte de hausse des taux, ce qui n’est pas habituel. Je reconnais que les infrastructures ont besoin de modernisation et que la tendance est à la recherche de nouvelles sources d’énergie propres, mais ces titres demeurent trop chers en comparaison du reste du marché », dit Paul Roukis.

Selon lui, les aubaines se trouvent parmi les titres de style valeur à forte capitalisation dans des secteurs cycliques comme l’immobilier, l’automobile, l’industrie et les banques. « Plusieurs s’échangent à des ratios cours-bénéfices d’un chiffre, et ont des liquidités relativement importantes », note-t-il.

« Bien sûr, il faut croire au dominateur de l’équation, soient les bénéfices. Plusieurs événements pourraient les influencer, comme les politiques commerciales et monétaires. Beaucoup pensent que l’on se trouve en fin de cycle et que ce n’est qu’une question de temps avant que les États-Unis entrent en récession. Mais il me semble prématuré de parler de récession imminente quand deux millions d’emplois viennent de s’ajouter à l’économie dans la dernière année. Le risque n’est pas nul, mais si on se fie aux cycles passés, ce sont souvent des événements exogènes qui déclenchent les récessions », dit Paul Roukis.

Au travers des soubresauts du marché, cependant, une constante demeure : il faut bien analyser chaque entreprise sous tous les angles pour savoir si son prix est vraiment attrayant. Paul Roukis s’attarde sur le cas de Marathon Petroleum, une société d’une valeur de 44 milliards de dollars américains, spécialisée dans le raffinage, la mise en marché et le transport de pétrole brut et de produits raffinés comme l’essence et le diesel.

« Depuis son acquisition récente d’Andeavour [pour 23,3 milliards USD à l’automne], Marathon est le plus important raffineur de pétrole aux États-Unis avec une capacité d’environ trois millions de barils par jour, répandue à travers le pays », rappelle Paul Roukis.

« Ce qui nous a attirés, c’est la chute de 25 % de ses actions dans les trois derniers mois, due à la baisse du secteur de l’énergie et du marché en général, ainsi qu’au rétrécissement des marges de profit pour les raffineries. Cela rend le titre attrayant pour diverses raisons. Il se négocie à 25 % d’escompte par rapport à ses pairs, sur la base des liquidités, et encore plus si on le compare à Valero et Phillips 66 », explique Paul Roukis.

« Du point de vue de la stabilité, bien que Marathon soit le plus important raffineur au pays, cela ne représente que 50 % de ses liquidités, le reste provenant de ses activités en aval et de ses ventes de détail. Ces dernières lui donnent plus de résilience face aux bas prix du pétrole que les autres entreprises du secteur. En fait, la vente au détail profite de la chute des prix, ce qui génère des liquidités. De plus, nous voyons des synergies après l’acquisition d’Andeavour ; l’entreprise les estime à 1,4 milliard de dollars américains. Sa profitabilité ne dépend donc pas seulement des tendances macro-économiques, mais aussi d’enjeux spécifiques à l’entreprise. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.