Chute des actions
Photo : Daniil Peshkov / 123RF

Les fortes baisses boursières de la fin 2018 étaient principalement dues à la normalisation des politiques monétaires et au spectre d’une guerre commerciale, analyse Peter Hardy, vice-président d’American Century Investments à Kansas City (Missouri).

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« Les banques centrales sont passées progressivement d’une politique très accommodante à quelque chose de plus normal, et de moins accommodant. La Fed a haussé les taux quatre fois en 2018 et a cessé son programme d’apaisement quantitatif, laissant ainsi le marché obligataire à lui-même. La Banque centrale européenne a aussi réduit son programme d’achat d’actifs durant le quatrième trimestre. Cela a essentiellement retiré des liquidités du marché, ce qui a créé une pression sur les prix des actifs, et donc une liquidation des actions », résume Peter Hardy.

Même si les banques centrales peuvent toujours faire marche arrière et soutenir les marchés à nouveau, elles sont pour le moment concentrées sur la normalisation des politiques monétaires, ce qui va créer une volatilité accrue, selon l’expert.

En plus des politiques monétaires, les investisseurs ont commencé à s’inquiéter de la croissance mondiale et du spectre d’une guerre commerciale. Si on ajoute à cela les résultats peu satisfaisants des géants des technologies, on peut expliquer la forte baisse boursière à laquelle on a assisté. Entre le 21 septembre et le 24 décembre, le S&P 500 a perdu 19 %, tandis que l’indice Russell 1000 suivi par American Century Investments cédait presque 18 %.

« Nous sommes des investisseurs de type valeur, et nous analysons plutôt les titres individuels que les secteurs d’activité. Ceci étant dit, durant la liquidation des marchés, nous avons vu deux importants facteurs influencer les actions que nous suivons : les taux d’intérêt, et les prix des matières premières », dit Peter Hardy.

Alors que la Fed a haussé ses taux durant le dernier trimestre (de 2,25 % à 2,50 %), les rendements ont baissé. Ceux des bons du Trésor sur dix ans, par exemple, ont baissé de 3,23 % à 2,56 %.

« Cela a provoqué une grande divergence dans la performance des titres sensibles aux taux d’intérêt. Pendant que le S&P500 perdait 19 %, les fonds de placement immobilier (FPI) et les services d’intérêt public n’ont perdu que 9 % et 1,64 % respectivement. Les banques, de leur côté, ont sous-performé par rapport à l’ensemble du marché avec une plongée de plus de 22 % », observe l’expert.

En tant qu’investisseur de type valeur, la sous-performance des banques les rend attrayantes aux yeux de Peter Hardy, tandis que la hausse de valeur des FPI et services d’intérêt public les rend moins intéressants.

Ensuite, les prix des matières premières ont souffert des menaces de guerre commerciale. Au cours du quatrième trimestre, le baril de Brent est tombé de plus de 85 $ US à presque 50 $ US au cours du trimestre, et le secteur de l’énergie a été le plus touché du S&P 500 avec une descente de 28 %.

« En conséquence, plusieurs titres du secteur nous apparaissent maintenant plus attrayants. Cependant, nous devons réduire le risque en choisissant les entreprises de meilleure qualité », conclut Peter Hardy.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.