Homme de dos, les bras croisés derrière sa tête.
Photo : fizkes / iStock

Les bénéfices des banques canadiennes ont diminué de moitié au deuxième trimestre de 2020 par rapport à la même période l’an dernier en raison d’une forte augmentation des provisions pour pertes sur créances, révèle un récent rapport de l’agence de notation Fitch Ratings. Cependant, ce processus serait en voie d’être terminé, estime-t-elle.

Les revenus des sept grandes institutions financières n’ont diminué que de 4,9 % sur un an. Toutefois, elles ont dû mettre de côté 11,26 milliards de dollars en provisions pour pertes sur créances dans le deuxième trimestre. C’est 260 millions de dollars de plus que pour l’ensemble des 12 mois précédents. 

DES SECTEURS PLUS FRAGILISÉS

Ces réserves ont surtout concerné des dettes de cartes de crédit et des prêts personnels, ainsi que des prêts commerciaux dans les secteurs de l’énergie, de la vente au détail et des services. 

« La qualité des dettes continuera de se détériorer au cours de l’exercice financier 2021 pour les banques canadiennes, surtout dans les secteurs les plus touchés par la distanciation sociale, incluant l’énergie, le transport, l’hébergement et la vente au détail », a analysé Mark Narron, directeur principal de Fitch Ratings, dans un communiqué.

Il reste difficile d’évaluer les répercussions réelles de la crise sur la capacité des individus et des entreprises à rembourser leurs dettes tant que les programmes d’aide gouvernementaux continueront de les soutenir. Fitch croit que les banques ont maintenant ajusté leurs réserves de protection et qu’il y a peu de chances qu’elles augmentent encore beaucoup, sans toutefois pouvoir complètement éliminer cette option.

DE L’OPTIMISME À PLUS LONG TERME

Certes, les profits des banques en 2020 seront affectés par le coût plus élevé du crédit, la baisse des revenus liés aux frais et des marges de profit plus étroites. Fitch rappelle toutefois que les réserves de capitaux des banques canadiennes restent à un niveau rassurant. 

À plus long terme, la santé des institutions financières pourrait même bénéficier de la transition d’une part importante de ses employés vers le télétravail, peut-on lire dans le document qui accompagne le rapport. Elle pourrait aussi profiter du rôle d’intermédiaire qu’elles jouent dans l’acheminement de l’aide gouvernementale, des programmes de répit de remboursement de prêt et même d’une croissance dans l’utilisation des plateformes numériques par les consommateurs.

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