State Street Global Advisors rejoint le groupe de plus de 30 institutions financières et caisses de retraite signataires de la Déclaration sur les risques financiers liés aux changements climatiques, une initiative de Finance Montréal.

L’entreprise représente plus de 2,7 billions de dollars américains (3,46 T$ CA) d’actif sous gestion. C’est donc un poids lourds qui vient ajouter son nom à cette déclaration publiée en octobre 2017, qui demande aux sociétés inscrites en Bourse au Canada de s’engager à divulguer davantage les risques associés aux changements climatiques auxquels elles sont exposées et les mesures qu’elles prennent pour les gérer.

State Street voit les changements climatiques comme un risque important pour ses clients et elle. Par conséquent, la firme échange avec les administrateurs des sociétés dont les titres se retrouvent dans ses portefeuilles quant à leur perception des risques liés aux changements climatiques et aux actions qu’elles posent pour les gérer. Récemment, elle a concentré ses efforts sur les entreprises présentes dans des secteurs particulièrement exposés à la transition vers une économie à faible teneur en carbone, notamment les secteurs énergétique, des services publics, des matériaux et industriel.

UN MARCHÉ CANADIEN TRÈS EXPOSÉ

En ce sens, la proposition de Finance Montréal se mariait très bien à sa stratégie.

« C’était une bonne occasion pour nous de porter une attention particulière au marché canadien, explique Chris McKnett, directeur général et stratège principal de State Street Global Advisors, en entrevue avec Conseiller. La composition de l’économie canadienne l’expose plus que d’autres aux risques climatiques. Cela représentait aussi la possibilité de collaborer avec nos pairs canadiens, qu’ils soient gestionnaires ou détenteurs d’actif, et de s’aligner avec eux sur ce sujet important. »

L’investissement socialement responsable est scindé en deux camps. D’un côté, ceux qui proposent de se désinvestir totalement de certaines entreprises ou secteurs, comme les énergies fossiles ou les armes. De l’autre, ceux qui veulent choisir les meilleures compagnies, même dans ce type de domaine, afin de faire pression sur leur gestion pour qu’elles deviennent davantage socialement responsables.

State Street est l’un des plus grands gestionnaires indiciels au monde et ne peut donc pas bouder certaines entreprises ou certains secteurs. Mais elle a le poids pour faire entendre sa voix et faire sentir son vote à travers l’actionnariat dans une compagnie. Elle offre aussi des portefeuilles qui permet aux investisseurs préférant cette approche d’éviter les secteurs ou entreprises désirés.

« De toute façon, la prédominance de l’énergie au Canada fait qu’il est à peu près impossible et certainement pas souhaitable de l’éviter totalement, ajoute Peter Lindley, dirigeant de State Street Global Advisors Canada. Le plus important est de tenter de provoquer des changements en s’engageant auprès de ces entreprises. S’associer aux dizaines de signataires de la Déclaration permet d’avoir une voix très forte pour faire évoluer l’industrie. »

PLUS DE FEMMES AUX CONSEILS

Une voix que State Street n’hésite pas à faire entendre auprès des entreprises un peu partout dans le monde et pas seulement dans le dossier des changements climatiques. La diversité de genre dans les conseils d’administration (CA) la préoccupe aussi beaucoup. L’an dernier, elle s’est concentrée sur les plus de 700 firmes cotées en Bourse au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie qui ne comptaient aucune femme à leur conseil d’administration.

« Nous avons émis des orientations et nous avons parlé à un grand nombre d’entre elles, raconte Chris McKnett. Depuis, 152 de ces compagnies ont ajouté des femmes à leur conseil et 34 se sont engagées à le faire bientôt. C’est encourageant, mais cela laisse tout de même 511 entreprises qui n’ont pas bougé. »

Dans ces cas-là, State Street n’a pas hésité à voter contre les nominations au conseil présentées par le comité de gouvernance de l’entreprise ou son équivalent. Elle entend reproduire ce mode d’intervention au Canada pour améliorer la diversité de genre aux conseils.

« Nous souhaitons voir des changements chez les 40 % d’entreprises listées au TSX qui ne comptent aucune femme au conseil, confirme Peter Lindley. Je crois que nous allons voir un solide groupe d’investisseurs travailler ensemble pour augmenter la diversité de genre au CA, comme nous le voyons au sujet de la gestion des risques liés aux changements climatiques. »

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