Environ 80 % des Canadiens les mieux nantis ont effectué des dons de 10 000 dollars ou moins au cours des 12 derniers mois, selon un rapport publié hier par BMO Gestion de patrimoine.

Intitulé Les Canadiens souhaitent donner, mais quelque chose les fait hésiter, ce document d’une dizaine de pages est basé sur un sondage en ligne effectué durant l’été auprès de quelque 500 « Canadiens à valeur nette élevée », c’est-à-dire disposant de plus d’un million de dollars en actifs à investir, à l’exclusion de leur résidence principale.

L’objectif? En savoir plus sur leurs motivations, et en particulier découvrir comment ils choisissent les organismes caritatifs, ce qui les motive à donner et les façons dont ils procèdent.

LA PLUPART DES DONS NE DÉPASSENT PAS 10 000 $

Selon le rapport, voici les montants que les personnes fortunées ont versé en 2015-2016 :

  • 10 000 $ ou moins = 83 %;
  • entre 10 001 $ et 100 000 $ = 8 %;
  • entre 100 001 $ et 250 000 $ = 2 %;
  • entre 250 001 $ et 1 000 000 $ = 2 %;
  • plus de 1 000 001 $ = 4 %.

Par ailleurs, plus de la moitié (52 %) des sondés ont choisi de donner à des organismes de charité pour lesquels ils ont un intérêt personnel, tandis que 41 % ont fait des recherches sur les divers organismes et les causes qu’ils soutiennent. Enfin, plus d’un tiers (35 %) choisissent les causes qu’ils appuient en fonction des valeurs de leur famille et 26 % souhaitent contribuer à résoudre les problèmes les plus urgents dans la société.

PLUSIEURS FORMES DE DONS

Le rapport relève également que les Canadiens les mieux nantis sont davantage motivés à donner par altruisme que pour des intérêts financiers. La majorité d’entre eux veulent poser un geste concret pour la collectivité (55 %) ou donner en retour (50 %), comparativement à 21 % qui cherchent à réduire le montant de leur impôt.

Questionnés sur ce qui pourrait les empêcher de donner en toute confiance, ils avouent craindre que leurs dons ne soient pas utilisés judicieusement (43 %) et disent mal connaître les organismes de bienfaisance ou ne pas avoir de lien avec ceux-ci (28 %).

Si l’on en croit BMO, la plupart des dons se font en espèces (87 %). Toutefois, les Canadiens fortunés donnent aussi sous d’autres formes, puisque 54 % font du bénévolat, 35 % effectuent des dons en nature (comme des titres ayant pris de la valeur) et 20 % offrent des œuvres d’art ou d’autres biens.

COMMENT DONNER DE MANIÈRE JUDICIEUSE?

« De nombreux Canadiens n’ont pas le sentiment de satisfaction ou d’épanouissement qu’ils devraient ressentir en faisant une généreuse contribution, car ils se demandent souvent pourquoi ils donnent à certaines organisations ou se questionnent sur les retombées de leur don. Ces préoccupations sont souvent celles de personnes qui donnent à divers organismes et qui ne se sont pas centrées sur des causes spécifiques », commente dans un communiqué Marvi Ricker, vice-présidente, Services conseils en philanthropie, Gestion de patrimoine pour BMO.

« Bien que les économies d’impôts ne soient pas le principal motif des donateurs canadiens, il demeure nécessaire de comprendre les règles relatives aux dons d’actifs pour s’assurer de donner de manière financièrement judicieuse, afin de pouvoir ainsi donner davantage à long terme », ajoute Jean Richard, vice-président Est du Canada pour BMO.

Pour faire un don dans les meilleures conditions

Les philanthropes peuvent faire plusieurs choses pour se sentir plus à l’aise en ce qui concerne la destination et l’utilisation de leurs fonds. En voici quelques-unes, suggérées par BMO.

  • Faites vos recherches. Prenez le temps d’approfondir vos connaissances de l’organisation, en ligne et par téléphone. Par exemple, Imagine Canada fournit des renseignements sur 86 000 organismes de bienfaisance enregistrés et publie un Guide sur les dons de bienfaisance qui offre des conseils et des ressources utiles.
  • Faites le suivi de près. Une fois que vous avez identifié l’organisme de bienfaisance qui vous intéresse, rendez-vous sur place, faites du bénévolat pour lui ou participez à certaines de ses activités pour le voir en action. Posez des questions sur les programmes et cherchez à savoir si le travail qu’il fait a une incidence sur ceux qu’il sert.
  • Prenez certaines précautions. Ne vous laissez pas arnaquer. Vérifiez qu’il s’agit bien d’un organisme de bienfaisance enregistré et examinez ses données financières pour évaluer son degré d’efficacité. Ce dernier point est particulièrement important, puisque la plupart des donateurs veulent que leur don ait le plus de répercussions possible. Toutefois, rappelez-vous qu’un organisme ne peut pas fonctionner sans employé ou frais généraux.

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