Deux tirelires en forme de cochon tenues par un homme d'affaires.
Photo : 123RF

Chaque année lors de la période des impôts, conseillers, comptables et fiscalistes se font poser la question : devrait-on favoriser un investissement au REER ou au CELI?

Ce n’est pas tout le monde qui arrive à cotiser au maximum au REER ou au CELI. On se demande alors lequel de ces deux outils financiers privilégier. Plusieurs spécialistes affirment que plus le revenu est élevé, plus le REER devrait être favorisé et plus le revenu est faible, plus il faudrait se diriger vers le CELI.

Ceci est en partie vrai, mais le choix n’est pas si facile! Plusieurs variables doivent être prises en considération, tels le taux d’imposition, les subventions auxquelles le client est admissible, sans oublier ses besoins.

LE « FAMEUX REER »

Le régime enregistré d’épargne-retraite (REER) représente un des outils financiers les plus connus au Canada, car il procure des avantages très intéressants. Il est possible d’y verser 18 % de son salaire pour un maximum de 26 230 $ en 2018. Les droits de cotisation inutilisés sont cumulatifs pour les années antérieures.

Investir dans un REER vient baisser le revenu imposable de l’année en plus de faire fructifier l’argent à l’abri de l’impôt. L’impôt sera toutefois prélevé lors du décaissement qui, dans la grande majorité des cas, se produit à la retraite, avec un taux d’imposition moins élevé puisque les revenus sont moindres.

L’« AVANTAGEUX » CELI

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) a vu le jour en 2009. Il permet aux Canadiens âgés de plus de 18 ans de cotiser à un compte où les rendements sont à l’abri de l’impôt. Les versements au CELI viennent de sommes déjà imposées, tandis que cotiser au REER fait bénéficier d’un remboursement d’impôt. Les droits de cotisation au CELI sont établis chaque année et sont cumulatifs. Pour 2019, ils sont de 6 000 $, pour un montant maximum cumulatif de 63 500 $.

Droits de cotisation au CELI

2009 – 2012 :

5 000 $         

2013 – 2014 :

5 500 $  

2015 :

10 000 $  

2016 – 2018 :

5 500 $

2019 :

6 000 $

Analysons différentes situations pour mieux comprendre l’utilisation qu’il est possible de faire de ces outils de placement.

MISE EN SITUATION #1

Louis, 24 ans, étudiant universitaire en ingénierie

Salaire : 13 000 $

REER : 0 $ / CELI : 0 $ / Compte chèque : 2 000 $

Objectif : voyage en Europe au coût de 4 000 $ à la fin de ses études

Le cas de Louis est très représentatif de la vie de plusieurs jeunes. Ils veulent épargner pour atteindre une liberté financière le plus rapidement possible. Louis veut économiser pour son voyage en Europe. Cependant, il ne devrait pas investir dans un REER à cette fin, puisqu’il sera imposé lors du retrait.

L’avantage d’épargner dans un CELI devient évident, car dans cette situation, l’argent de Louis va croître à l’abri de l’impôt jusqu’au voyage et sera facilement accessible sans avoir de conséquence fiscale lors du décaissement. Les revenus de Louis vont augmenter de façon importante au cours des prochaines années et c’est à ce moment que les droits de cotisation REER inutilisés pourront devenir très avantageux.

MISE EN SITUATION #2

Martin, 43 ans, monoparental, enfant de 5 ans

Directeur des ressources humaines /  Salaire de 42 000 $

CELI : 4 000 $  (60 000 $ en droits inutilisés) / REER : 150 000 $ (2 000 $ en droits inutilisés)

Frais de garderie : 9 250 $

Objectif : économie d’impôt

Martin est dans une situation où beaucoup de gens pensent que le CELI devrait être favorisé. Cependant, lorsqu’on étudie la situation en profondeur, le REER est beaucoup plus intéressant qu’on peut le penser.

Son taux marginal d’imposition pour 2018 est de 27,53 %, mais en réalité, son taux effectif marginal est de plus de 50 %![1] Par exemple, s’il cotise 2 000 $ à son REER, son revenu imposable passera de 42 000 à 40 000 $. Les mesures fiscales et sociales dont il pourra bénéficier augmenteront puisque son revenu imposable aura diminué. Il bénéficiera d’un remboursement d’impôt de 550 $.

De plus, les subventions qu’il reçoit augmenteront de la façon suivante : le crédit d’impôt pour solidarité croîtra de 120 $, l’Allocation canadienne pour enfants sera augmentée de 80 $ et le crédit d’impôt pour frais de garde d’enfants passera de 6 475 à 6 660 $. En résumé, les nombreuses augmentations dont Martin bénéficiera apportent une économie d’impôt de plus de 1 000 $, pour une cotisation de 2 000 $ à son REER. Sans oublier qu’il pourra toujours cotiser par la suite à son CELI avec son remboursement d’impôt de 550 $.

ALORS, REER OU CELI?

Il est difficile de déterminer lequel, du REER ou du CELI, est le meilleur outil financier, car cela dépend de la situation financière de chacun, qui peut être complexe. Plusieurs facteurs doivent être pris en considération, tels les taux d’imposition ainsi que les objectifs personnels et financiers. Cependant, avoir une discipline d’épargne continue est un élément clé pour un bilan financier en santé.


Ce texte a été publié dans le cadre de la série Place à la relève!, qui met en valeur les quatre meilleurs travaux universitaires d’étudiants du cours « Planification de retraite : aspects financiers », donné dans le cadre du certificat en planification financière de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Hugo Morrissette est finissant au baccalauréat en administration des affaires, profil Planification financière.

[1] CQFF, À quel taux sont imposés vos revenus supplémentaires?

CQFF, Ménage # 121