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L’immobilier, les infrastructures et les services d’utilité publique ne seront pas tous affectés de la même façon par la COVID-19, croit Larry Antonatos, directeur général et gestionnaire de portefeuille à Brookfield Asset Management.

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« Les actifs réels sont souvent perçus comme défensifs, car leurs flux de liquidités prévisibles les aident à traverser les périodes difficiles. Mais nous croyons que la COVID-19 va les affecter. À court ou à long terme, nous ne pouvons pas le dire. Mais il y aura un impact sur leurs flux de liquidités », dit Larry Antonatos.

Premières victimes : les hôtels, selon l’expert. Si les nombreux voyages annulés ou interdits de par le monde font pression sur l’ensemble des infrastructures et de l’immobilier, ces propriétés dont les baux sont seulement d’une nuit sont les premières à souffrir. Même si ce n’est qu’à court terme, mieux vaut éviter ce secteur dorénavant. Une fois passé le pire de la crise, par contre, ils offriront sûrement de bonnes occasions d’investissement, selon lui.

Du côté des infrastructures, les aéroports, ports et routes à péages subissent des baisses de fréquentation – exactement dans cet ordre, indique-t-il.

« Mais tout comme avec les hôtels, une fois la crise passée, ces actifs pourraient devenir très attrayants, car leurs flux de liquidités seront en croissance », dit Larry Antonatos.

Un effet indirect sera aussi ressenti dans les pipelines, selon lui.

« Les fluctuations des prix du pétrole affectent habituellement les producteurs et épargnent les opérateurs de pipelines. Mais dans le cas présent, on s’attend à une baisse de la demande de brut. Historiquement, la demande augmente chaque année sauf celles où a lieu une crise majeure, et 2020 pourrait être l’une de celles-ci. Les opérateurs ont des contrats à long terme, mais plusieurs montrent des signes de sous-performance en raison des facteurs macro-économiques », dit Larry Antonatos.

Restent quelques éclaircies à l’horizon. Dans l’immobilier, le degré de défense face à la crise du COVID-19 est directement proportionnel à la durée des baux, selon lui.

« Les espaces de bureaux loués pour cinq ou dix ans résistent mieux que les appartements loués pour un an, les entrepôts loués pour un mois, et les hôtels loués pour une nuit. Il existe aussi des baux encore plus longs, que l’on trouve dans des propriétés pleinement occupées par un seul locataire, par exemple un siège social d’entreprise, un commerce de grande surface, ou une franchise de restauration. Ces baux devraient survivre, à condition que la qualité du crédit soit élevée et que le locataire survive lui-même », explique Larry Antonatos.

Dans les infrastructures, l’idéal est d’investir dans les services d’utilité publique en situation de monopole, dit-il.

« Si vous êtes le seul distributeur d’électricité ou d’eau potable en ville, vous avez une très bonne position défensive. Que l’économie se porte bien ou non, les gens continuent à allumer les lumières, à se brosser les dents, à prendre des douches, et à payer pour ces services essentiels. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.