Un homme d'affaires courbé en deux, une flèche rouge vers le bas, au-dessus de lui.
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Dans le Financial Post, Tom Bradley, président de Steadyhand Investment Funds, affirme que ses clients lui parlent de plus en plus souvent de la prochaine récession. Convaincus qu’elle arrivera plus tôt que tard, ils s’inquiètent de son effet sur leurs placements, pourtant les liens entre économie et portefeuilles ne sont pas si évidents.

S’il est assez facile de prédire qu’il y aura une récession (après tout, elle finira bien par se pointer), il est beaucoup plus complexe de prédire quand elle arrivera. D’autant plus que les gouvernements et les banques centrales rivalisent d’efforts pour relancer l’économie nationale depuis plusieurs années et pourraient le faire encore, retardant ainsi l’inévitable.

RÉCESSION NATIONALE

Au Canada, on vit le plein emploi, mais d’autres indicateurs économiques, comme les dépenses des consommateurs et des entreprises, sont très faibles. Le service de la dette est élevé, même dans un environnement à bas taux d’intérêt. Et le taux d’épargne des ménages avoisine les 2 %, alors qu’il est de 8 % aux États-Unis. 

Ces signes laissent penser qu’un ralentissement économique pourrait se produire. Mais si une récession au Canada risque d’affecter le style de vie des ménages, elle ne décimera pas un portefeuille d’investissements bien diversifié par secteurs et par régions. Les grandes entreprises canadiennes cotées en Bourse, elles-mêmes présentes sur plusieurs marchés, n’en souffriront pas tant non plus.

L’effet pourrait toutefois se faire sentir sur les obligations, puisque les taux d’intérêt pourraient encore baisser. Cela pousserait à la hausse le prix des obligations de grande qualité. Évidemment, un portefeuille très concentré dans les titres bancaires, les REITs, les détaillants et les compagnies de télécommunications souffrira davantage d’un ralentissement intérieur.

RALENTISSEMENT MONDIAL

À l’inverse, un ralentissement mondial devrait avoir un effet plus marqué sur les investissements des Canadiens.

Les revenus des entreprises baisserairent alors, ce qui fera aussi retraiter la valeur de leurs titres. Le Fonds monétaire international vient de nuancer ses prédictions de croissance pour 2020 à 3,4 %, mentionnant un « ralentissement synchronisé ». Même à ce niveau, on est encore loin des taux de croissance négatifs. 

GARDER LE CAP

De plus, rappelle Tom Bradley, la relation entre une récession et les investissements est moins évidente qu’on a tendance à le croire. Il ne faut pas s’attendre à prévoir avec précision les effets qu’elle aurait, ce qui rend les tentatives de s’en protéger à l’avance plus difficiles. On ne sait pas quand elle se manifestera, quels secteurs ou titres seront les plus affectés, ni à quel point les marchés s’y seront préparés… ou pas. 

Pour l’expert, se mettre à l’abri d’une récession signifie surtout s’y préparer mentalement. Il faut être prêt à continuer de respecter son plan. Après tout, sur les marchés on ne va pas chercher de croissance sans vivre quelques reculs. Il faut aussi reconnaître que de telles périodes nettoient le système de la spéculation, des excès de levier et des comportements risqués qui nuiraient aux futurs rendements.