L'Asie vue du ciel.
Photo : Anton Balazh / 123RF

La pandémie a affecté la région Asie-Pacifique différemment du reste du monde et beaucoup d’occasions sont à saisir, selon Amber Sinha, gestionnaire principal de portefeuille, Actions mondiales, à Gestion d’actifs CIBC.

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« Le variant Omicron touche l’Asie-Pacifique comme partout, mais comme lors des vagues d’infection précédentes, la région réagit différemment », observe-t-il.

Selon l’expert, les politiques « zéro COVID » très strictes des pays du nord de l’Asie (Corée du Sud, Chine, Hong Kong, Japon, Taïwan) les amènent à appliquer des mesures que l’Ouest a déjà abandonnées, et leur approche « super prudente » repousse leur reprise économique plus loin dans l’avenir. Quant aux pays de l’Asie émergente, comme l’Inde et le Sud-Est asiatique, leurs chiffres pandémiques sont décevants en raison du faible taux de vaccinations, d’infrastructures inadéquates et de lacunes dans l’application des politiques.

« L’Asie a été généralement plus freinée dans sa reprise que les autres régions du monde; si vous regardez l’indice MSCI Asia Pacific, il a monté de 19 % entre 2020 et 2021 contre 42 % pour l’indice World. La région a donc été sous-performante », constate Amber Sinha.

Les secteurs du voyage et des loisirs ont bien sûr été parmi les plus touchés, mais de manière générale, l’économie n’a pas repris comme en Occident. Il cite deux raisons à cela. D’abord, le fait qu’il n’y a pas eu de hausse de l’épargne des ménages comme en Occident, en raison d’un manque relatif d’aides financières gouvernementales et, sans épargne, on ne peut observer le même phénomène de demande refoulée parmi les consommateurs comme ce fut le cas en Occident. Ensuite, le commerce électronique n’est pas aussi développé dans certaines régions et ne permet donc pas de consommer à distance.

Il note toutefois que contrairement aux constructeurs automobiles occidentaux, les Asiatiques n’ont pas souffert de problèmes d’approvisionnement et ont profité d’une demande soutenue. Les grandes marques exposées aux marchés internationaux, comme Sony et autres, n’ont pas non plus souffert puisqu’elles continuent de vendre partout dans le monde.

Selon l’expert, les bonnes aubaines pourraient bien résider chez les fabricants de semi-conducteurs coréens, japonais et taïwanais, qui ne parviennent pas actuellement à répondre à la demande, mais vont finir par régler leurs problèmes d’approvisionnement et reprendre de la valeur boursière à ce moment.

Il y a aussi les grandes sociétés technologiques chinoises comme Tencent et Alibaba, qui représentent une partie importante de l’indice MSCI Asia Pacific. Elles ont souffert d’une réglementation accrue de la part du gouvernement central, qui veut s’impliquer davantage dans leurs prises de décision. Cela affecte bien sûr leurs profits et les marchés ont réagi négativement à cela, mais elles demeurent d’importantes sociétés qui servent de vastes marchés.

« En règle générale, la sous-performance de la région fait que, si la pandémie se termine dans le monde, elle sera très profitable à ceux qui investissent aujourd’hui », conclut-il.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.