Photo : JGalione / istockphoto

Morningstar publie les réponses d’une experte en investissement concernant les marchés boursiers, que nous reproduisons ici.

Que devraient faire les investisseurs canadiens en pleine volatilité? Morningstar a posé la question à Marian Hoffmann, vice-présidente principale et directrice de la recherche à Sionna Investment Managers. Elle est la gestionnaire de portefeuille principale de la stratégie canadienne de grande capitalisation de la société et de la stratégie toutes capitalisations et co-gestionnaire de portefeuille principale de la stratégie de dividende ciblée de la société, y compris la Sionna Canadian Equity, cotée argent.

Après avoir chuté de près de 30 % depuis le début de l’année, l’indice composé S&P/TSX a amorcé une courte remontée. Cependant, les marchés restent extrêmement volatils. Est-ce le début de la fin? Ou peut-être la fin du début?

La volatilité récente a été stupéfiante dans de nombreux cas. Cependant, les investisseurs axés sur la valeur se concentrent sur le long terme. Les conditions actuelles du marché créent d’énormes distorsions entre les cours des actions et les valeurs intrinsèques. En tant qu’investisseurs de valeur à long terme, nous sommes actifs dans des périodes de forte volatilité. Ces bouleversements ont permis de renforcer nos positions de meilleure qualité et de prendre des positions dans des sociétés qui étaient auparavant hors de portée en raison de valorisations excessives. Avec des prix du pétrole bas, nous pensons que le secteur de l’énergie est fondamentalement attractif et nous avons utilisé la baisse des prix pour repositionner notre portefeuille dans des positions de haute qualité qui prospéreront à long terme. Nous cherchons à trouver des entreprises résilientes qui se négocient à rabais.

Alors que la plupart des gens ne pouvaient pas prédire l’éclosion de la COVID-19, il y a eu des signes d’un ralentissement potentiel depuis la mi-2019. Maintenant que la chute a commencé, va-t-elle continuer?

Le marché et la situation elle-même évoluent au quotidien. Personne ne peut dire avec certitude comment le marché va réagir au cours des prochaines semaines ou les mois à venir. Le virus a provoqué un ralentissement de l’activité économique à l’échelle mondiale, il y aura donc des répercussions pour les entreprises et les industries. Certains rencontreront plus de défis que d’autres, par exemple le tourisme et la restauration. Nous nous concentrons sur l’identification d’entreprises de qualité qui sont bien capitalisées et effectuons un investissement lorsque nous pensons qu’elles se négocient à un prix attractif par rapport à notre estimation de la valeur intrinsèque. Investir dans des entreprises quand elles sont sous-évaluées est un moyen de gérer les risques et de préserver le capital de nos clients.

Du côté du Canada, y a-t-il des risques systémiques qui pourraient nous menacer à long terme? Quels sont les principaux risques que vous surveillez?

Le secteur de l’énergie a été particulièrement touché suite à l’échec de la tentative de l’OPEP de finaliser un accord avec la Russie pour de nouvelles réductions de production. On craint beaucoup qu’une combinaison de la baisse de la demande du coronavirus et de l’augmentation de l’offre de l’Arabie saoudite ait des répercussions négatives sur les prix du pétrole et des répercussions à long terme sur certaines sociétés énergétiques canadiennes.

De nombreuses sociétés d’énergie canadiennes ne sont pas rentables à ce niveau de prix. En conséquence, les budgets d’investissement sont réduits, les dividendes suspendus et les travailleurs licenciés.

Malgré la volatilité actuelle du secteur, nous pensons qu’il existe encore des noms de qualité. Nous investissons dans des sociétés qui, selon nous, sont bien placées pour résister à des périodes de bas prix des matières premières, étant donné qu’elles ont des structures à faible coût, des bilans solides et des équipes de gestion raisonnables.

Quels sont certains de vos choix préférés de dividendes à long terme? Où les investisseurs de revenu devraient-ils rechercher des rendements en ces temps volatils?

Avant cette période de volatilité des marchés, nous étions sous-pondérés dans les banques, mais nous avons augmenté notre allocation après la baisse des cours des actions. Bien que les prix aient considérablement diminué, la valeur à long terme de ces entreprises ne l’a pas été, et c’est là que réside l’opportunité. Nous détenons trois banques au sein de nos portefeuilles : la Banque Royale du Canada (RY), la Banque de Nouvelle-Écosse (BNS) et la Banque Toronto-Dominion (TD).