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La volatilité de l’inflation devrait pousser les investisseurs à repenser leur répartition d’actifs, croit Michael Sager, vice-président, multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC.

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« Nous avons probablement déjà atteint le pic d’inflation au Canada et aux États-Unis, en termes de comparaison d’une année à l’autre, et on devrait la voir s’affaiblir progressivement au fil des 12 prochains mois. Mais cela ne veut pas dire qu’elle n’est plus un risque et qu’il n’est plus nécessaire de s’en protéger. Une inflation de 5 %, comme celle que connaissent actuellement les États-Unis a certainement un effet sur les actions, les obligations et les catégories d’actif alternatives, et la volatilité de l’inflation va influencer la performance de ces actifs », affirme Michael Sager.

Selon l’expert, une bonne façon de se protéger contre le risque d’inflation, et même d’en tirer profit, est de répartir ses actifs entre plusieurs catégories et stratégies alternatives. Il cite notamment les matières premières, dont plusieurs performent bien en période d’inflation.
« Je pense notamment au pétrole et à l’or, qui ont un bêta relativement haut par rapport à l’inflation. Si celle-ci augmente, leur performance s’accroît de manière disproportionnée. De plus, ils tendent à surperformer par rapport aux autres catégories d’actifs quand l’inflation et la volatilité de l’inflation sont élevées. C’est du moins ce que l’on a observé historiquement », note Michael Sager.

Il mentionne aussi les actifs réels, et en particulier les infrastructures, où les contrats ont souvent des clauses d’indexation à l’inflation. Cela les fait performer relativement bien quand l’inflation monte.

Enfin, l’expert recommande les stratégies de rendement absolu, qui sont conçues pour bien performer, peu importe l’environnement de marché, la croissance économique ou l’inflation.

« Ces stratégies parviennent à performer dans des environnements variés, car elles couvrent une large gamme d’actifs. Par exemple, elles incluent le macro-placement mondial qui consiste à profiter des effets de phénomènes macro-économiques; l’inflation répond justement à ce critère », indique Michael Sager.

Ceci étant dit, il rappelle que d’autres facteurs que l’inflation vont tout autant peser sur la performance des portefeuilles en 2022. Il se dit notamment préoccupé par le « bras de fer entre la croissance cyclique et les prix des actions » alors que beaucoup de titres sont surévalués.

« Les actions américaines à forte capitalisation, par exemple, s’échangent à des prix relativement élevés. Cela va créer un vent de face pour les actions en 2022. Même si les perspectives sont positives, la performance ne sera peut-être pas aussi grande que dans les dernières années. Les rendements attendus sont en deçà des rendements historiques. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.