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L’immobilier, les infrastructures et les services d’intérêt public tendent à surperformer dans les marchés d’actions baissiers, note Larry Antonatos, directeur général et gestionnaire de portefeuille à Brookfield Asset Management.

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Ces actifs réels possèdent des « caractéristiques défensives » supérieures à celles des autres secteurs de l’économie, croit l’expert.

« Les revenus de l’immobilier proviennent de baux souvent signés pour plusieurs années, ce qui donne aux investisseurs une bonne visibilité sur les flux de liquidités à venir. Quant aux infrastructures et services d’intérêt public, leurs revenus sont soutenus par des éléments fondamentaux attrayants au point de vue de l’offre, de la demande et des prix », dit Larry Antonatos.

« En effet, l’offre est souvent contrainte par une situation monopolistique ou quasi monopolistique, comme dans le cas d’un distributeur d’électricité. La demande peut être très stable si elle est liée à des besoins essentiels, par exemple en électricité, en eau potable ou en télécommunications. Et les prix sont souvent réglementés ou régis par des contrats à long terme, habituellement indexés à l’inflation. Tout cela permet aux actifs réels de surperformer en période d’affaiblissement des marchés d’actions », poursuit-il.

La performance varie cependant selon les sous-secteurs des actifs réels, tempère l’expert. Moins ils sont sensibles à l’économie environnante, plus ils sont épargnés par les tendances baissières.

« Par exemple, les espaces de bureaux avec des baux signés pour dix ans surperforment par rapport aux hôtels, dont les baux sont d’une seule nuit. Et les services d’utilité publique en situation de monopole surperforment par rapport aux infrastructures de transport comme les aéroports, les ports et les routes à péages, qui sont plus sensibles au PIB », détaille Larry Antonatos.

Il note que dans l’ensemble, les actifs réels surperforment (ou souffrent moins) dans des marchés baissiers accompagnés de baisses des taux d’intérêt, et c’est justement la situation que nous traversons en ce moment. La dernière fois que ce fut le cas, au quatrième trimestre 2018, les actifs réels n’ont subi qu’environ 60 % de la baisse observée dans les marchés d’actions mondiaux. Bien sûr, la crise de la COVID-19 est d’une tout autre envergure dans un tout autre contexte, mais il demeure que les actifs réels offrent un important niveau de protection.

« La performance de tout type d’actif dépend des vents arrières ou contraires de l’environnement économique. Les actifs réels offrent généralement des dividendes substantiels, alors quand les taux d’intérêt montent, leurs éléments fondamentaux s’améliorent et la croissance de leurs flux de liquidités s’accélère, mais en même temps leur valeur est grugée par la hausse du taux d’actualisation augmente. L’idéal, c’est quand le vent arrière de l’amélioration économique surpasse le vent contraire de la hausse du taux d’actualisation. C’est pourquoi une hausse modeste des taux d’intérêt est bonne pour les actifs réels, tandis qu’une forte hausse les fait sous-performer. Leurs caractéristiques défensives deviennent un obstacle à la croissance en période d’accélération économique », explique Larry Antonatos.

Ce problème ne risque plus de se poser avant un bon moment, et l’aspect défensif des actifs réels prend désormais toute sa valeur.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.