Le spectre du Brexit, les tensions au Moyen-Orient et l’escalade du conflit commercial sino-américain poussent les investisseurs à se protéger contre le risque, dit Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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« La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis est le risque le plus important en ce moment. Elle pourrait ralentir la croissance mondiale de 0,5 à 1 % en plus de nuire à la confiance des investisseurs. C’est d’autant plus important que nous nous trouvons en fin de cycle économique et l’économie a peu de latitude pour absorber des chocs », dit Natalie Taylor.

« Malheureusement, le risque systémique est difficile à prévoir avec exactitude car les événements ne se déroulent pas toujours de manière logique. Par exemple, on peut voir un accord se conclure, ou des mesures de relance être adoptées pour atténuer les conséquences du conflit, et les marchés d’actions pourraient poursuivre leur croissance », tempère-t-elle.

Dans le doute, selon l’experte, le mieux est d’investir dans les entreprises qui profiteront d’un dénouement positif, mais sont également protégées dans le cas contraire.

« Les secteurs d’activité habituellement plus défensifs sont les services d’intérêt public, les télécommunications, l’immobilier, les soins de santé, et les biens de consommation de courante.

Leurs profits sont souvent plus résilients au travers des cycles économiques. À l’inverse, les ressources naturelles, l’industrie, la technologie et les biens de consommation discrétionnaires sont plus sensibles aux variations économiques », dit Natalie Taylor.

Elle souligne également l’importance de l’endettement des entreprises, déjà problématique en temps normal, mais « dévastateur » en cas de ralentissement car elles perdent toute marge de manœuvre financière.

« En tant qu’investisseure de type valeur, je porte attention à l’évaluation des entreprises mais aussi à leurs actifs réels, leurs flux de trésorerie, leur modèle d’affaires, et leur environnement industriel, qui sont tous des facteurs importants dans leur capacité à faire face à un ralentissement », dit Natalie Taylor.

L’experte cite trois entreprises canadiennes qui présentent des caractéristiques avantageuses dans le contexte actuel, selon elle : la britano-colombienne Westshore Terminals, l’albertaine Kinder Morgan Canada, et l’ontarienne Loblaws.

« Westshore Terminals exploite un terminal charbonnier sur la côte Ouest : c’est un actif peu répandu, et l’entreprise n’a aucune dette, ce qui rend son évaluation actuelle attrayante, car elle a beaucoup de souplesse pour faire face à des événements imprévus », note Natalie Taylor.

« Kinder Morgan Canada vient de subir un échec stratégique qui a eu un effet démesuré sur le cours de son titre. Or l’entreprise jouit de solides actifs réels avec ses pipelines et ses terminaux d’entreposage, avec aucun endettement significatif. Cela leur donne l’occasion de créer de la valeur », dit l’experte.

Quant à Loblaws, elle est le meilleur exemple du caractère défensif du secteur de l’épicerie, selon elle.

« On voit peu de variation dans la demande d’alimentation au travers des cycles. Nous croyons que l’entreprise est bien positionnée en cas de ralentissement, et pourra aussi tirer profit de ses investissements dans les commandes en ligne et les autres options de livraison. De plus, ses épiceries sont situées à des emplacements stratégiques qui lui servent bien quel que soit le contexte économique. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.