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Les gestionnaires de fonds d’investissement peuvent désormais se référer à un nouvel outil qui les épaulera dans leur travail au quotidien, annoncent les Autorités canadiennes en valeurs mobilières.

Dans un communiqué, les ACVM indiquent en effet avoir publié des indications destinées à aider les professionnels du secteur à « élaborer et maintenir un cadre efficace de gestion du risque de liquidité » pour les fonds dont ils ont la charge.

Dans ces indications, le risque de liquidité correspond « au risque que le fonds d’investissement soit incapable de répondre aux demandes de rachat sans nuire considérablement au reste de ses porteurs », précisent les Autorités. Ces dernières soulignent que le fonds doit en effet être en mesure de vendre des actifs du portefeuille sous-jacent « dans un délai raisonnable et d’une façon ordonnée » pour y parvenir.

UN ENJEU INTERNATIONAL

Or, relèvent les ACVM, le risque de liquidité peut augmenter « en cas d’asymétrie entre la liquidité des actifs du portefeuille d’un fonds d’investissement et les modalités de rachat offertes à ses investisseurs ». Un cas de figure qui, au cours des dernières années, a conduit les différents organismes de réglementation internationaux et le secteur de la gestion d’actif à se pencher de près sur cet enjeu.

Concrètement, les indications publiées abordent la conjoncture normale ou tendue du marché, comme la crise financière mondiale de 2008 ou la pandémie de COVID-19, et reposent sur les obligations réglementaires actuelles, expliquent les ACVM. Elles reconnaissent en outre l’impossibilité d’appliquer une approche universelle en matière de gestion du risque de liquidité. En effet, notent les Autorités, « les fonds d’investissement peuvent varier en taille, structure, bassin d’investisseurs et autres caractéristiques, si bien que ce qui peut être considéré comme un risque important pour l’un peut ne pas l’être pour un autre ».

Bien que les indications s’adressent aux fonds d’investissement soumis au Règlement 81-102, « nombre des pratiques et exemples qui y figurent peuvent également être pertinents pour d’autres fonds d’investissement », soulignent les ACVM. En vertu de la législation en valeurs mobilières, les gestionnaires de ce type de fonds « doivent établir et maintenir un cadre efficace de gestion du risque de liquidité, en plus de faire preuve de soin, de compétence et de diligence dans la gestion de la liquidité de leurs fonds », rappelle par ailleurs le conseil. En cas d’interrogations, ce dernier invite les gestionnaires à consulter les recommandations mondiales en matière de gestion du risque de liquidité élaborées par l’Organisation internationale des commissions de valeurs et « conçues pour les aider à répondre aux conditions de pression des marchés ».

UNE APPROCHE PRÉVENTIVE ESSENTIELLE

« L’adoption d’une approche préventive et proactive en matière de gestion du risque de liquidité est essentielle pour assurer une gestion adéquate de ce risque. Nous avons publié ces indications afin de soutenir les gestionnaires de fonds d’investissement dans leur élaboration et leur maintien continus d’un cadre efficace et rigoureux de gestion du risque de liquidité », commente Louis Morisset, président des ACVM et président-directeur général de l’Autorité des marchés financiers.

« Une gestion du risque de liquidité (GRL) efficace est essentielle à la gestion des fonds d’investissement. En effet, une gestion inadéquate de ce risque pourrait nuire au fonds et à ses investisseurs. L’adoption d’une approche proactive et préventive en matière de GRL est donc primordiale pour contrôler adéquatement ce risque et y réagir rapidement, car il est fort difficile de régler des problèmes de liquidité importants après coup », concluent les Autorités.