Des représentants de Desjardins seront convoqués en mai prochain à l’Assemblée nationale afin de justifier devant la Commission de l’aménagement du territoire les raisons pour lesquelles plusieurs comptoirs et guichets devraient être fermés en région.

Outre Desjardins, la commission a prévu d’auditionner l’Association des banquiers canadiens, la Fédération québécoise des municipalités ainsi qu’un expert universitaire en matière de développement régional et d’occupation du territoire afin d’essayer de trouver des solutions pour le maintien de ces services dans les petites localités.

Président de la Commission, le député libéral Guy Ouellette s’est félicité de ce qu’il a qualifié de « première étape », qui permettra de mieux cerner la position des institutions financières par rapport aux régions, indique Le Devoir. « Il y a eu plusieurs fermetures annoncées dans différentes municipalités et les parlementaires ont besoin de comprendre pourquoi et quelle est la stratégie », a-t-il déclaré.

PRÈS D’UN TIERS DES POINTS DE SERVICE

Dans un communiqué émis jeudi, le Mouvement dit « accueillir favorablement la tenue d’une commission parlementaire sur les services financiers de proximité en région ». Il ajoute « s’attendre à ce que les membres de la Commission invitent l’ensemble des institutions financières présentes au Québec ainsi que les parties prenantes concernées par la question des services financiers de proximité offerts en région ».

La coopérative en profite pour souligner que 30 % de ses points de service sont situés dans des zones de moins de 2 000 habitants, comparativement à moins de 2 % dans le cas des banques. Et elle rappelle au passage que « ses dons et commandites contribuent au financement de milliers de projets porteurs dans les collectivités : équipes sportives, écoles, festivals, programmes d’éducation et beaucoup d’autres ».

Desjardins indique par ailleurs que cette commission parlementaire représentera aussi pour elle l’occasion de « mettre en valeur les multiples mesures et solutions qui sont mises de l’avant par les caisses pour accompagner les membres dans le changement en lien avec l’évolution des services financiers, et ce, en fonction des réalités locales ».

VERS UN PARTAGE DE LOCAUX AVEC LES MUNICIPALITÉS?

Parmi les solutions envisageables, le Mouvement mentionne notamment le partage de locaux avec les municipalités, l’automatisation des dépôts de chèques gouvernementaux et des paiements de facture, la mise sur pied de « formations» (AccèsD par téléphone, par Internet et sur mobile), ou encore la conclusion d’ententes avec des commerces locaux afin de faciliter le retrait avec achats et les paiements par carte.

« En lien avec sa mission, Desjardins contribue au mieux-être économique et social des personnes et des collectivités dans les limites compatibles de son champ d’action depuis 118 ans. Elle est l’institution financière la plus présente dans toutes les régions, et elle entend le demeurer », conclut le Mouvement.

Desjardins et la FQM veulent trouver des solutions

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) et Desjardins vont tenter de parvenir à des ententes locales pour maintenir en service les guichets dans les petites localités, rapportent Radio-Canada et La Presse canadienne.

À l’issue d’une rencontre qu’il a eue jeudi avec le président et chef de la direction du Mouvement, Guy Cormier, le président de la FQM s’est déclaré très satisfait. « Ç’a été une très bonne rencontre, une rencontre constructive. Déjà, on a un plan de match : on a décidé de mettre en commun un comité qui pourra travailler sur des pistes de solutions », a indiqué Jacques Demers. « On n’a pas de garantie, malheureusement. Sûrement qu’il va se fermer d’autres guichets automatiques au Québec, mais il y a des endroits où on pense qu’on pourrait les protéger », a-t-il ajouté.

Le comité, qui aura également pour tâche de mettre à l’essai ces « pistes de solution », prendra en compte les particularités régionales dans ses recommandations.

« C’EST LOCALEMENT QU’ON TROUVERA LES SOLUTIONS »

Entre 2015 et 2017, Desjardins a fermé une centaine de guichets sur un peu plus de 2 000, ce qui a suscité la colère de plusieurs élus locaux et ouvert un débat sur le rôle et la mission du Mouvement.

« Ce qu’on veut, ce sont des outils pour que les régions puissent décider sur leur territoire. On n’est pas là pour imposer des choses, mais pour leur trouver des outils. On sait qu’on est en période de transition dans le monde bancaire, où on a d’autres méthodes d’utilisation que de l’argent liquide, mais en région on a encore besoin de cet argent-là », a commenté Jacques Demers. Selon lui, des guichets saisonniers pourraient être installés dans certaines municipalités touristiques lorsqu’il y a suffisamment d’achalandage.

« Il existe l’autobus-guichet, que certains appellent, où il y a tous les services à l’intérieur. On peut l’amener en région. Il faut l’essayer et le mettre en place à certains endroits. Ce sont les gens localement qui vont trouver les meilleures solutions », a-t-il conclu.