Logo du Mouvement Desjardins
Photo : Jerome Cid / 123RF

Sauf surprise de dernière minute, « tout indique que Guy Cormier sera réélu par acclamation pour un deuxième mandat de quatre ans » à la présidence de Desjardins, estime La Presse dans son édition de jeudi.

Alors que la période d’inscription de candidatures au poste de président et chef de la direction du Mouvement s’achève ce vendredi, le dirigeant élu en mars 2016 devrait donc se voir reconduit sans problème dans ses fonctions, note le quotidien montréalais.

Interrogé par le journal, le directeur de l’Institut de recherche et d’éducation sur les coopératives de l’Université de Sherbrooke confirme cette prévision. « Malgré le contexte de crise des renseignements personnels chez Desjardins, ma lecture de la situation en ce qui concerne le renouvellement du mandat présidentiel est à l’effet que M. Cormier apparaît bien en selle après les changements de hauts dirigeants qu’il a effectués récemment. Ces changements (…) suggèrent qu’il montre qu’il est en contrôle et qu’il met les efforts nécessaires pour pallier les conséquences de la crise des renseignements personnels », commente Charles-André Guillotte.

TRADITION DE RENOUVELLEMENT SANS OPPOSITION

Contrairement à ce qui s’était passé en 2016 avec le vote en « collège électoral » organisé lors des assises annuelles de la coopérative financière, le renouvellement de mandat de Guy Cormier aux prochaines assises qui se tiendront le 14 mars prochain s’annonce donc « dénué de suspense électoral », affirme La Presse. Cette dernière souligne par ailleurs que ce renouvellement de mandat sera le premier à survenir depuis la modification de la Loi québécoise sur les coopératives de services financiers, effectuée à la fin de 2017. Sur le plan de la gouvernance, cette « mise à niveau » avait confirmé le processus d’élection à la présidence du Mouvement par le biais d’un « collège électoral formé d’un administrateur par caisse ».

Selon La Presse, si d’autres candidats se présentaient d’ici la fin de la journée de vendredi, la période de campagne des prétendants au poste de président de Desjardins s’étalerait entre le 27 janvier et le 13 mars prochains. Chaque candidat devrait alors batailler pour obtenir une majorité de votes parmi les 271 membres du collège électoral à l’occasion d’un scrutin qui se déroulerait durant les assises annuelles du Mouvement. D’après Charles-André Guillotte, un tel scénario paraît toutefois « peu probable », en raison de la tradition de renouvellement de mandat sans opposition dont ont bénéficié les proches prédécesseurs de Guy Cormier. Élue une première fois en 2008, Monique Leroux avait ainsi été réélue par acclamation quatre ans plus tard. Et il en avait été de même pour Alban D’Amours, élu président en mars 2000, puis reconduit sans opposition quatre ans plus tard.

Fuite de données : « Desjardins doit avoir de meilleures pratiques »

« Quand on se fait voler huit millions de renseignements personnels sur vos clients, c’est parce qu’il y avait une brèche de sécurité c’est clair », a critiqué mercredi Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique. Dans une déclaration faite à l’Assemblée nationale et reprise par TVA Nouvelles, le dirigeant a également estimé que les entreprises québécoises devraient davantage concentrer leurs efforts sur les menaces « internes », qui ont été à l’origine des plus récentes fuites de données dans la province.

« L’incident est arrivé, mais il n’aurait pas dû arriver », a renchéri le ministre des Finances Éric Girard, qui a dit s’attendre à des changements au sein de la coopérative financière, notamment en matière de compartimentation des données. « Il est indéniable que Desjardins doit évoluer quant à sa pratique de gestion des risques, à la cybersécurité, aux risques informatiques, technologies de l’information et à la gouvernance du conseil d’administration. On s’en va dans cette direction. »