Siège social de la fédération des caisses Desjardins du Québec, situé à Lévis.
Photo : Jean-Philippe Bourgoin / Creative Commons

Le Mouvement Desjardins n’accepte pas les conclusions d’un rapport affirmant que l’institution financière est devenue une banque comme une autre.

Interrogée par La Presse, la direction de Desjardins a critiqué le rapport de l’IRIS, publié hier.

Dans ce rapport, la chercheuse Julia Posca affirme qu’ « il faudra bientôt cesser de prétendre que Desjardins est autre chose qu’une banque ». Elle s’appuie pour dire cela sur le développement de l’institution financière dans les mêmes secteurs que les banques, ainsi que sur la fermeture et la fusion de caisses, passées de 1350 à 238 entre 1990 et 2018.

Mme Posca décrit Desjardins comme une caisse d’épargne devenue une institution cherchant à maximiser ses rendements, au détriment des services aux membres.

ENDETTEMENT C. ÉPARGNE

Parmi les symptômes de cette bancarisation, « l’influence des administrateurs (de chaque caisse, ndlr) s’est réduite comme peau de chagrin, au plus grand profit de technocrates salariés et, surtout, autonomes dans leurs décisions, contrevenant ainsi aux valeurs démocratiques de la coopérative », pointe l’auteure.

Comme conséquence de cette évolution, Julia Posca assure que Desjardins encourage désormais ses membres à s’endetter plutôt qu’à épargner.

L’argument ne passe pas chez Desjardins qui, après avoir refusé de commenter dans un premier temps, a fini par accuser le rapport d’être incomplet, ne présentant qu’un côté de la réalité. L’institution financière dit regretter qu’on l’accuse d’inciter à emprunter, en affirmant être aussi disposée à proposer de l’épargne que de l’emprunt, dans le but d’accompagner ses membres dans leurs besoins financiers.