Femme âgée déposant une pièce de monnaie dans une tirelire rose.
Photo : Alexander Korzh / 123RF

Les conseillers doivent prendre en compte certaines considérations avec leur clientèle féminine, dit Kathleen Woodard, première vice-présidente à la CIBC, à la veille de la Journée internationale des femmes.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Dans un sondage récent de la CIBC, nous avons constaté que si les hommes et les femmes font tous des sacrifices pour prendre soin de leurs proches, ces dernières subissent davantage de conséquences, financièrement parlant. Aujourd’hui encore, beaucoup plus de femmes que d’hommes marquent une pause dans leur carrière ou même l’abandonnent pour prendre soin de leurs enfants, ou encore de leurs conjoints, parents ou frères et sœurs », dit Kathleen Woodard.

Selon l’experte, près d’une femme sur trois dit avoir réduit ou cessé ses contributions à l’épargne en raison d’une personne à charge, ce qui leur fait accuser un retard dans l’épargne de retraite en comparaison aux hommes.

« Notre étude a révélé que les femmes de plus de 55 ans atteignent moins de la moitié des sommes épargnées par les hommes. Et pourtant, elles vivent plus longtemps et font souvent face à des coûts de santé plus élevés. Elles vont donc devoir faire plus avec moins », observe Kathleen Woodard.

Cela démontre que les épargnantes nécessitent des stratégies différentes des épargnants, et il revient aux conseillers de s’adapter en conséquence.

« La bonne nouvelle, c’est que les femmes prennent de plus en plus le contrôle de leurs finances à mesure qu’elles vieillissent. Et elles ont besoin d’aide pour prendre les bonnes décisions d’investissement et faire face aux imprévus », dit Kathleen Woodard.

« Si l’on sait que les femmes ont davantage tendance à prendre des congés ou à mettre leur carrière en pause pendant que leurs enfants grandissent ou que leurs parents perdent des capacités, on sait également que les conseillers oublient souvent ces éventualités quand vient le temps de planifier les coûts de santé futurs », poursuit l’experte.

Elle recommande donc plusieurs approches adaptées à la clientèle féminine.

« D’abord, recommandez-leur d’accroître les contributions à l’épargne le plus tôt possible. Dans le cas des couples mariés, pensez aux avantages du REER de conjoint. Bien sûr, l’avantage est que le conjoint peut profiter de l’espace disponible dans son REER et obtenir une déduction en son nom tout en mettant leurs contributions au nom de sa conjointe. On équilibre ainsi l’épargne en fractionnant le revenu, de façon à ce que [les deux conjoints] paient le moins d’impôt possible au moment de la retraite », conseille Kathleen Woodard.

L’étude de la CIBC a aussi révélé que les femmes se montrent plus prudentes que les hommes et accusent un déficit de confiance en matière de placements. Selon l’experte, il revient au conseiller de les aider à bâtir cette confiance.

« Parlez-leur dans un langage clair, sans jargon, et aidez-les vraiment à comprendre comment l’investissement à long terme les aidera plus tard dans la vie et influencera la situation de leur famille. Si elles se montrent trop prudentes, expliquez-leur les avantages de contribuer régulièrement à un portefeuille bien équilibré et bien diversifié, insistez sur le rôle des actions de sociétés parmi leurs actifs, et soulignez l’importance des années de contribution en vue des possibilités de revenu à long terme », dit Kathleen Woodard.

Enfin, selon elle, les femmes doivent savoir tirer parti du partage des coûts.

« On voit de plus en plus de jeunes couples partager leurs congés parentaux afin d’en limiter l’impact sur leurs carrières respectives et de profiter des avantages sociaux de l’un comme de l’autre », note Kathleen Woodard.

Dans le cas des femmes qui prennent soin d’un parent âgé, l’experte rappelle l’importance des crédits d’impôts pour aidants naturels du gouvernement fédéral.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.