Les spéculations vont bon train quant à l’identité de celui ou celle qui prendra les rênes de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la fin du mandat de Janet Yellen, qui se termine le 3 février 2018. Bloomberg soutient que cela n’aura peut-être pas de si grandes répercussions que prévu, du moins à court terme.

Donald Trump reconduira-t-il Janet Yellen, au sujet de laquelle il a tenu des propos soufflant le chaud et le froid depuis 2015, comme le rappelle CNN? Nommera-t-il l’économiste de l’Université Stanford, John Taylor, lequel pourrait souhaiter remonter les taux d’intérêt rapidement? Optera-t-il plutôt pour Jerome Powell, l’un des gouverneurs actuels de la Fed, qui a toujours semblé sur la même ligne que Janet Yellen? Nommera-t-il un duo Taylor-Powell, comme il l’a évoqué récemment, et ce, même si les deux ne sont pas partisans de la même politique monétaire? Sortira-t-il un autre nom de son chapeau?

MINCE MARGE DE MANŒUVRE

L’identité de celui ou celle qui dirige la Fed est importante, reconnaît Bloomberg. La personne qui occupe ce poste peut influencer grandement les politiques monétaires et économiques du pays. Toutefois, il serait difficile à un nouveau venu de changer rapidement la politique monétaire actuelle, basée notamment sur une remontée graduelle (certains diront lentes) des taux et un écoulement très lent des titres accumulés par la Fed.

La Fed, rappelle Bloomberg, est guidée par les objectifs que lui imposent le Congrès, par l’effet que les données économiques ont sur ces objectifs et par la projection de la rapidité à laquelle ces objectifs pourront être atteints.

Or, la cible d’inflation n’a pas été atteinte souvent depuis cinq ans et rien ne laisse présager une soudaine augmentation rapide de la croissance. Le lien entre le fort taux d’emploi et la hausse de l’inflation est beaucoup plus distendu que par le passé et la croissance de la productivité, elle, est très faible.

« Je ne crois pas que les bases économiques permettent de modifier la politique [de la Fed] tant que cela », soutient Seth Carpenter, économiste en chef aux États-Unis pour UBS Securities et ancien économiste à la Fed.

DÉCIDER PAR CONSENSUS

Dans un tel contexte, même la nomination d’un faucon comme John Taylor mettra du temps à avoir des effets. Selon Andrew Levin, professeur au Dartmouth College et ex-étudiant de John Taylor, ce dernier pourrait d’abord agir sur la transparence plutôt que d’effectuer un virage dramatique de la politique monétaire. « Il rendrait la politique monétaire plus claire, plus transparente et plus imputable devant le Congrès », croit-il.

D’autant plus que les passages de Ted Bernanke et Janet Yellen ont établi une culture de décision par consensus entre les gouverneurs de la Fed. Or, la politique actuelle de remontée graduelle des taux fait largement consensus.

Donald Trump a promis de faire connaître son choix très bientôt. Gardez donc un œil sur Twitter…

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