Voiture inondée.
Photo : Martin Haas / 123RF

Elle est due autant aux sinistres qu’à un manque de discipline des assureurs, selon Natalie Taylor, gestionnaire de portefeuille à Gestion d’actifs CIBC.

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« Les récentes téléconférences avec les assureurs nous indiquent que les primes ont commencé à augmenter au début 2019, avec des hausses dans les deux chiffres pour certains produits. On a vu venir cela depuis quelque temps : les marges de profit s’amenuisent depuis 20013 », observe Natalie Taylor.

« Avant cela, l’industrie avait connu une période d’accumulation de capitaux excédentaires, en raison d’une baisse des sinistres et aussi d’un apport de capitaux de la part d’investisseurs qui souhaitaient diversifier leur risque. Or, quand on a un excès de capitaux dans le système, cela tend à resserrer la compétition aux dépens de la discipline dans les souscriptions », poursuit-elle.

Selon l’experte, ce manque de discipline a contribué à gruger les profits de l’industrie, ce qui a conduit à la hausse actuelle des primes.

Il y a aussi le cycle des sinistres, ajoute-t-elle : certaines périodes sont moins mouvementées, ce qui alimente les capitaux des assureurs, tandis que d’autres voient les catastrophes se succéder. C’est ce qui s’est produit aux États-Unis en 2017 avec les tempêtes à répétition, puis en 2018 avec les feux de forêt. Au Canada, elle cite les incendies de Fort McMurray et les inondations à Calgary et à Toronto. Ces événements tendent à vider les coffres des assureurs, et contribuent à la hausse des primes.

Natalie Taylor se penche sur les cas de Intact et Fairfax, deux assureurs canadiens qui représentent chacun 1% de l’indice TSX.

« Ce sont des souscripteurs disciplinés qui ont fait preuve de retenue durant la période de capitaux excédentaires que j’ai mentionnée. Ils ont donc la capacité de profiter de l’environnement actuel. Intact est surtout exposé au Canada tandis que Fairfax touche plus de régions et de secteurs d’activité. Hormis ces deux joueurs, l’industrie canadienne est assez fragmentée entre les filiales d’assureurs étrangers, les mutuelles et les banques », décrit Natalie Taylor.

Selon elle, la hausse à deux chiffres des primes pourrait se poursuivre de 12 à 24 mois si on en croit la dernière période de hausse qui a eu lieu suivant le 11 septembre 2001. Après cela, la profitabilité reviendra et le cycle recommencera.

« Les entreprises qui sont en mesure de profiter de cet environnement seront récompensées », conclut-elle.

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.