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La fintech québécoise Hardbacon a lancé cette semaine un répertoire en ligne des conseillers en services financiers au Canada. Mais contrairement aux registres des organismes de réglementation, les utilisateurs de la plateforme ont la possibilité d’y évaluer leur conseiller.

La firme définit son nouveau service comme « le TripAdvisor des conseillers financiers au Canada ». À l’heure actuelle, 120 000 conseillers de toutes les provinces canadiennes sont répertoriés, soit les conseillers en placement, les représentants en épargne collective et les planificateurs financiers. « On faisait déjà des recommandations pour aider les clients à choisir leur firme de courtage direct et leur robot-conseiller, on a décidé d’étendre notre service aux conseillers », explique Julien Brault, cofondateur et PDG de Hardbacon.

Pour l’instant, les représentants qui ne détiennent qu’un permis en assurance de personnes ne figurent pas dans le répertoire. « Comme nous sommes à la base une application conçue pour les investisseurs boursiers, nous avons mis le focus sur la gestion de patrimoine, mais on ne ferme pas la porte à étendre notre répertoire au domaine de l’assurance éventuellement », précise-t-il.

UN CONTENU QUI S’ENRICHIRA AU FIL DU TEMPS

Les informations contenues par défaut sur la plateforme sont assez sommaires : nom, adresse professionnelle et domaines de pratique. Les conseillers ont toutefois la possibilité de revendiquer gratuitement leur fiche et d’y ajouter toutes les informations qu’ils jugent pertinentes, par exemple un court descriptif de leurs services et de leur approche client.

Hardbacon garantit que tous les représentants présents dans son répertoire détiennent les permis nécessaires pour exercer, et lorsqu’un conseiller réclame une fiche, une vérification d’identité est effectuée par la firme.

« En personnalisant leur fiche, les conseillers peuvent se démarquer », assure Julien Brault, qui ajoute qu’il est parfois difficile pour les clients de trouver un conseiller grâce aux registres des régulateurs. « Plusieurs des conseillers sur ces registres sont en pré-retraite et ne prennent plus de nouveaux clients. Avec notre répertoire, les utilisateurs peuvent lire les fiches remplies par les conseillers et constater quel type de clientèle ils recherchent ».

Julien Brault explique que le contenu du répertoire s’enrichira au fur et à mesure que les conseillers réclameront leur fiche et y ajouteront des informations. Les représentants intéressés peuvent aussi payer des frais annuels de 69 $ pour apparaître en tête des résultats de recherche de leur ville.

ÉVITER LA DIFFAMATION 

Le nouveau service a été bien accueilli jusqu’à maintenant affirme Julien Brault, particulièrement chez les jeunes conseillers, qui y voient une façon de bâtir leur clientèle. « Tous les commentaires ont été positifs jusqu’à maintenant, mais c’est certain que les conseillers qui recevront de mauvaises évaluations risquent d’être moins enthousiastes », concède-t-il.

Il précise que sa firme va s’assurer qu’il n’y ait pas de diffamation ou de propos calomnieux dans les évaluations qu’écrirons les utilisateurs sur la plateforme, sans toutefois pouvoir faire « une enquête pour chaque commentaire ».

Pour l’heure, le répertoire ne permet pas de savoir si un conseiller a été reconnu coupable d’infractions, contrairement au registre de l’Autorité des marchés financiers. « Ce serait intéressant de pouvoir intégrer l’information au répertoire, mais c’est techniquement difficile, on devrait faire l’entrée de ces données manuellement, explique Julien Brault. Dans un monde idéal, on voudrait essayer de fournir cette information de manière constructive, de façon à ne pas nuire à des conseillers compétents qui ont déjà commis des erreurs. »

Contactée par Conseiller, l’AMF a indiqué n’avoir aucun commentaire particulier à formuler à propos du répertoire de Hardbacon.