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La transmission d’informations est nécessaire pour réussir les transferts testamentaires entre générations, qui atteindront bientôt des niveaux records au Canada. Et le conseiller a un rôle à jouer pour favoriser cette communication.

Avec un nombre grandissant de Canadiens qui deviennent centenaires, le processus de transmission de patrimoine entre les générations devient de plus en plus complexe. Les enjeux sont plus nombreux, entre la planification d’une retraite qui peut durer aussi longtemps que la vie active… et le risque de perdre des informations entre le parent et ses héritiers, relève le Globe and Mail.

LE TABOU COMME RÈGLE

Les enjeux n’ont jamais été aussi élevés : mille milliards de dollars passeront d’une génération à l’autre de 2016 à 2026 au pays, souligne une étude de Strategic Insight.

Malgré l’immensité des actifs destinés à être transmis prochainement, 58 % des Canadiens disposant d’une fortune de 500 000 $ et plus n’ont pas encore discuté de leur patrimoine avec leurs héritiers, indique un sondage réalisé par l’Investment Planning Counsel. Parmi ces individus fortunés, certains affirment même n’avoir aucune intention d’aborder le sujet de leur héritage avec leurs légataires.

Ils semblent ainsi ignorer que le silence risque de donner lieu, le moment venu, à des incompréhensions, des mauvaises surprises, des complications juridiques et, pour finir, à des conflits familiaux, pointe le Globe and Mail.

ANTICIPER LES DIFFICULTÉS DES HÉRITIERS

« De nombreuses personnes s’abstiennent d’en parler parce qu’elles craignent de vexer les membres de leur famille, mais le manque de communication pourrait laisser leurs héritiers dans l’obscurité », commente Sam Febbraro, vice-président exécutif de l’Investment Planning Counsel. Selon lui, les réunions de famille prennent de plus en plus d’importance dans le processus de planification financière des Canadiens. Il recommande d’ailleurs aux parents de commencer par présenter leur conseiller en services financiers aux membres de leur famille.

Des parents préfèrent parfois conserver la confidentialité sur leurs avoirs financiers tout simplement parce qu’ils ne sont pas habitués à en parler. Pourtant, transmettre des renseignements sur la localisation de ces avoirs, par exemple, pourrait éviter des erreurs d’interprétation et de gestion à leurs héritiers. « Les parents n’imaginent pas à quel point cela peut être compliqué pour leurs héritiers de faire face au processus successoral le moment venu », souligne Darren Coleman, gestionnaire de portefeuille chez Raymond James.

La discussion entre donateurs et légataires devrait inclure non seulement les actifs financiers, mais aussi les résidences secondaires, le mobilier, l’information médicale, ainsi que les mots de passe pour accéder aux comptes bancaires, aux adresses de courriel et aux réseaux sociaux.