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La crise de la COVID-19 génère de bonnes occasions parmi les catégories d’actif plus risquées, croit Éric Morin, analyste principal, Gestion d’actifs CIBC.

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« Pas plus tard qu’au mois de janvier, dans notre rapport annuel sur les rendements à long terme, nous constations que la plupart des catégories d’actif risquées étaient surévaluées par rapport à leur juste valeur à long terme. Dorénavant, c’est une tout autre histoire », dit Éric Morin.

Depuis l’arrivée de la pandémie en Occident et la correction boursière qui l’a suivie, les catégories d’actif plus risquées sont sous-évaluées par rapport à ce qu’indiquent leurs éléments fondamentaux, observe l’expert. Or, à travers l’incertitude ambiante, il est important de garder en tête les résultats à long terme.

Pour identifier les bonnes occasions, Éric Morin recommande une approche à deux volets.

« D’abord, on fait une classification des actifs financiers par rapport à leur attrait. Pour chacun d’entre eux, on mesure l’écart entre le prix du marché et la juste valeur à long terme. On les classe ensuite du plus petit au plus grand écart. Plus l’actif est sous-évalué, plus il est attrayant », explique-t-il.

« La juste valeur à long terme est basée sur des modèles de projections économiques qui dépendent de nos points de vue sur la démographie, la productivité, l’endettement, les taux d’intérêt, etc. », précise l’expert.

« Ensuite, on effectue une recherche qualitative pour confirmer si chaque catégorie d’actif est réellement attrayante ou non. Si les deux recherches n’abondent pas dans le même sens, alors on peut déterminer que tel pays est trop risqué, par exemple. À l’inverse, si elles abondent dans le même sens, on va investir », dit Éric Morin.

« Il est important de regarder les facteurs cycliques pertinents, et au bon moment. Les marchés bougent rapidement sous l’effet des anticipations des uns et des autres. Par exemple, en 2009, les actifs plus risqués ont commencé à s’apprécier quelques mois avant la fin officielle de la grande récession au mois de juin. Donc c’est important de regarder les bonnes variables au bon moment », poursuit-il.

Ces variables sont actuellement au nombre de trois, selon lui.

« Il y a d’abord l’évolution du virus dans le monde. À quelle vitesse va-t-il se propager avec le relâchement des mesures de confinement? On souhaite une stabilisation ou, dans le meilleur des mondes, une baisse des infections. Ensuite, il y a la réaction des autorités politiques, monétaires et fiscales. Les gouvernements et banques centrales de par le monde ont pris beaucoup de mesures de soutien à l’économie et ont affirmé qu’ils étaient prêts à faire tout ce qu’il faut pour stimuler la croissance. Si les autorités maintiennent ce soutien inconditionnel dans les prochains mois, cela va favoriser les actifs plus risqués, car il y aura une réduction de la prime de risque dans leurs prix », dit Éric Morin.

« Enfin, il faut surveiller les indicateurs très cycliques comme l’indice des directeurs d’achat et les nouvelles commandes. S’ils ne s’améliorent pas, une hausse de valeur des actifs plus risqués ne sera pas soutenable », poursuit-il.

En conclusion, l’expert note qu’il est important de confirmer par les données l’existence d’une réelle reprise économique ou, tout au moins, d’une stabilisation.