Photo : lightwise / 123RF

Le marché du crédit comprend des catégories attrayantes et moins risquées dans le contexte actuel, argue Ignacio Sosa, directeur, gestion des relations internationales pour DoubleLine Capital à Los Angeles.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Les obligations de société ont connu une formidable année 2019, avec des gains dans les deux chiffres, notamment en raison des baisses de taux d’intérêt. Mais leur sensibilité aux taux d’intérêt est préoccupante car leur écart de crédit est maintenant bas, à 120 points de base. C’est la seule différence de prix que l’on obtient en choisissant cette catégorie plutôt que des bons du Trésor », dit Ignacio Sosa.

Cette situation crée un risque double, selon l’expert. D’abord, l’écart de crédit des obligations de société ne suffirait pas à absorber d’éventuelles hausses de taux. Ensuite, on estime à 50-50 les chances d’une récession dans les prochains mois, ce qui pousserait l’écart de crédit vers le haut.

« Détenir une telle catégorie d’actifs qui a une si forte sensibilité aux taux d’intérêt et un écart de crédit si bas, alors que l’on a une chance sur deux de tomber en récession, nous semble une proposition très risquée », juge-t-il.

Heureusement, il y a bien d’autres choix dans le marché du crédit, qui permettent notamment de profiter de la bonne santé du secteur de la consommation aux États-Unis, selon l’expert.

« Beaucoup de gens croient qu’il n’existe qu’un type de crédit, soit les obligations de société. Ce sont des foutaises. Le marché du crédit offre bien plus que cela. Il y a les prêts hypothécaires non garantis, les créances hypothécaires commerciales, les titres adossés à des actifs, ou encore la dette des marchés émergents libellée en dollars. Toutes ces catégories offrent une meilleure valeur que les obligations de société, et plusieurs ont une faible sensibilité aux taux d’intérêt. De plus, leurs bases sous-jacentes sont relativement robustes, particulièrement dans le cas du marché immobilier », dit Ignacio Sosa.

« Il est temps selon nous d’investir dans le crédit autrement que par les obligations de société, dont le risque est très élevé. Leurs prix élevés, leur offre abondante, et les chances de voir survenir une récession nous dissuadent de surpondérer cette catégorie dans notre portefeuille. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.