Impact entre deux conteneurs, l'un paré du drapeau américain, l'autre du drapeau chinois.
Photo : nerthuz / 123RF

Les risques du conflit sino-américain sont bien réels, mais certains titres peuvent le traverser sans trop de dégâts, croit Peter Hardy, vice-président de American Century Investments à Kansas City (Missouri).

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« Les marchés changent rapidement ces temps-ci, mais ce type de volatilité est la norme historique. Elle était anormalement basse jusqu’à l’an dernier, et nous sommes revenus dans la normalité », observe Peter Hardy.

L’expert note que si les principaux indices américains ont grimpé de plus de 20 % depuis le début de l’année, leur portrait est moins flatteur sur les douze derniers mois. Avec la chute du dernier trimestre 2018, puis les corrections d’avril-mai et de juillet, leurs rendements sont quasiment nuls depuis un an. Et c’est dans ce contexte que la guerre commerciale sino-américaine menace de prendre de l’ampleur.

« Les craintes sont-elles exagérées? La réponse simple est : oui et non. Il y a deux éléments à considérer dans la guerre commerciale, soient l’évaluation individuelle des titres, et l’évaluation globale des marchés », dit Peter Hardy.

« Nous évaluons chaque entreprise individuellement, de façon prudente. Nous présumons des résultats normaux à long terme, sans considération pour les scénarios optimistes, en prenant en compte les risques de baisse. Selon le prix actuel du titre, nous pouvons donc identifier le rabais obtenu sur la valeur normale, et la prime liée à sa sous-évaluation », explique l’expert.

« Dans la plupart des cas, quand on étudie l’impact des barrières douanières ou de la guerre commerciale sur chacun de nos titres, la réaction du marché a été exagérée. Nous croyons que les hausses de coûts occasionnées à court terme n’affecteront pas les résultats à long terme, car elles peuvent être transférées aux consommateurs. Les entreprises peuvent aussi résoudre les enjeux de localisation géographique en déménageant leurs installations au fil du temps », dit Peter Hardy.

Il prend l’exemple de l’américaine Intel, qui compte de nombreux clients en Chine. On pourrait croire qu’elle souffrira des barrières douanières, mais elle a bâti une grande partie de sa chaîne d’approvisonnement au sein de la Chine, et compte également des installations de fabrication aux États-Unis, en Irlande et en Israël. Intel est donc relativement protégée des barrières douanières, et les réactions du marché envers son titre sont exagérées, selon M. Hardy.

« D’un autre côté, les risques créés par la guerre commerciale sont très réels. Beaucoup d’actifs sont actuellement surévalués, notamment en raison de l’environnement extrêmement accommodant créé par les banques centrales. Leurs politiques ont fait croître l’endettement au niveau mondial. Dans l’ensemble, la croissance mondiale est demeurée stable et les entreprises ont connu de bons résultats financiers. La volatilité que l’on a vue dans la dernière année a été causée surtout par des inquiétudes touchant notamment aux forts niveaux d’endettement », analyse l’expert.

Selon lui, la Chine va continuer de jouer un rôle majeur dans l’évolution de l’économie mondiale.

« Elle a été un élément moteur de la croissance mondiale, en partie grâce à un endettement accru. Un ralentissement de la Chine pourrait se répercuter sur l’économie mondiale, et les barrières douanières accentuent les risques de ralentissement. À mesure que ces risques deviennent de plus en plus apparents, la volatilité des marchés va se poursuivre. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.