L’institution va rester prudente dans les prochains mois en raisons des incertitudes liées à l’immobilier et aux échanges commerciaux avec les États-Unis, dit Luc de la Durantaye, chef des placements et investissements pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Pour la première fois en dix ans, les banques centrales du monde vont cesser ou ralentir leurs programmes d’achats d’obligations au cours des six à douze prochains mois. C’est un élément important dans l’équation économique pour la prochaine année », observe Luc de la Durantaye.

« C’est un signal positif, car les banques centrales nous disent ainsi qu’elles sont suffisamment confiantes envers la solidité de l’expansion économique pour commencer à retirer leurs mesures extraordinaires. Donc tout cela nous dit que l’économie mondiale se porte bien. Par contre, elle se porte tellement bien qu’on pourrait voir des risques de surchauffe », poursuit l’expert.

Il remarque qu’au Canada et aux États-Unis, le marché du travail est très resserré avec un taux de chômage historiquement bas, sans vraiment de précédents historiques pour être capable d’en entrevoir les conséquences, par exemple sur les salaires.

Dans ce contexte, explique-t-il, les banques centrales qui souhaitent resserrer leur politique monétaire doivent le faire ni trop lentement, au risque de créer de l’inflation, ni trop vite, ce qui provoquerait une récession.

« La Banque du Canada fait aussi face à des risques qui n’existent pas aux États-Unis. D’abord l’immobilier : on n’a pas encore vu l’effet des nouvelles restrictions ni de la hausse des taux d’intérêt. La Banque va certainement vouloir gérer ce risque en accummulant des données et elle va donc rester sur la voie d’accotement », dit Luc de la Durantaye.

« Une autre incertitude provient du commerce extérieur : le Canada est très dépendant des échanges avec les États-Unis et on ne sait pas encore comment leur relation va changer. Pour cette raison aussi, la Banque du Canada va rester sur la voie d’accotement encore un bout de temps et évaluer ces effets-là. »

Cette situation devrait inspirer de la « prudence » aux investisseurs, dit Luc de la Durantaye.

« Compte tenu de l’incertitude concernant la politique monétaire et le commerce extérieur du Canada, mieux vaut conserver un équilibre dans son portefeuille, et ne pas surpondérer les actifs risqués », dit-il. Il recommande aussi de conserver un bon encaisse « pour tirer avantage de la volatilité dans les prochains mois ».

Au niveau géographique, Luc de la Durantaye penche pour une surpondération des titres de pays émergents.

« Mis à part certains pays comme la Turquie ou l’Argentine, les pays émergents ont des éléments fondamentaux très positifs : des comptes courants en surplus, de vastes réserves de change, et une bonne évaluation compte tenu de la correction qu’ils ont connue », dit M. de la Durantaye.

« Aux États-Unis, si les tensions commerciales s’accroissent, les multinationales vont être désavantagées par un dollar trop fort et des barrières commerciales ou influences politiques qui ralentissent leurs ventes à l’international. Plusieurs entreprises sont à risque même si le marché boursier américain demeure cher. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.