L’automatisation, la numérisation et les autres efforts déployés par la Banque Nationale visant à réduire la proportion du travail administratif effectué dans son réseau de succursales pourraient toucher jusqu’à 1 000 postes au cours des trois prochaines années.

Actuellement, 25 % des employés qui se trouvent dans les 428 succursales de l’institution au pays sont affectés à des tâches comme la réalisation de transferts bancaires ou l’ouverture de comptes.

À l’instar de ses rivales, la Nationale se tourne de plus en plus vers les services en ligne afin de centraliser un éventail de services dans le cadre d’un virage numérique qui s’est traduit par des investissements massifs dans les technologies.

Néanmoins, même si la sixième banque en importance au pays désire réduire ses dépenses, elle n’a pas l’intention de procéder à d’importants licenciements, comme cela avait été le cas en 2015 et 2016.

« Nous ne nous attendons pas à absorber une importante charge de restructuration », a expliqué mercredi le président et chef de la direction de la Nationale, Louis Vachon, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Interrogé, le banquier a souligné que les changements technologiques allaient contribuer à améliorer la productivité de l’institution financière, qui comptait 19 105 employés au Canada en date du 30 avril.

De son côté, la première vice-présidente à la direction, particuliers et entreprises, Diane Giard, a souligné qu’il n’était pas question d’éliminer complètement le travail administratif dans les succursales, mais que des gains seraient réalisés grâce à la centralisation et la numérisation de certaines activités.

« En ce qui a trait à l’automatisation, nous sommes à mi-chemin (dans notre plan), a-t-elle dit. Pour la numérisation, environ deux tiers du travail a été réalisé. »

Un porte-parole de l’institution, Claude Breton, a également précisé par la suite que les changements n’allaient pas nécessairement toucher 1000 personnes et que la banque souhaitait conserver ces employés par l’entremise de mesures de « replacement et de perfectionnement visant à décrocher d’autres postes « à l’interne ».

EN CROISSANCE

La Nationale a par ailleurs relevé son dividende trimestriel de deux cents par action, à 62 cents, tout en affichant une croissance de ses profits nets supérieure à 10 %, dépassant les attentes des analystes.

La sixième banque en importance au pays a engrangé des profits nets de 547 M$, ou 1,44 $ par action, au deuxième trimestre terminé le 30 avril, par rapport à 484 M$, ou 1,28 $ par action, il y a un an.

Grâce à une croissance des recettes dans l’ensemble des secteurs d’activité, le chiffre d’affaires total a progressé de 10 %, s’établissant à 1,81 G$.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit par action de l’institution financière a été de 1,45 $, alors qu’il avait été de 1,30 $ au deuxième trimestre l’an dernier.

Cette performance a dépassé les attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 1,39 $.

John Aiken, de Barclays Marchés des capitaux, a vanté la performance du segment des marchés financiers ainsi que du financement spécialisé aux États-Unis et international, indiquant que ces activités ne recevaient pas tout le mérite qui leur revient.

« La croissance a été impressionnante et les gains en efficacité réalisés depuis un an devraient continuer à avoir une incidence positive sur les profits » a écrit l’analyste dans une note envoyée par courriel.

PATIENCE

Par ailleurs, M. Vachon a indiqué que la Nationale allait prolonger au moins jusqu’en 2020 son moratoire avant de réaliser de nouvelles acquisitions.

Propriétaire à 90 % de l’institution financière cambodgienne ABA Bank, la banque québécoise veut se concentrer sur cet actif ainsi que sur sa filiale américaine Credigy au cours des prochaines années.

Le grand patron de la Nationale a expliqué que les activités internationales de l’institution représentaient environ 10 % des revenus, ce qui était l’objectif visé.

« Franchement, il n’y a rien dans le marché, actuellement, compte tenu des évaluations, qui attire notre attention en Amérique du Nord », a dit M. Vachon.

Au deuxième trimestre, ABA Bank a notamment vu ses revenus bondir de 67 %, à 45 M$, alors que son volume d’affaires a affiché une croissance de 40 %.

Outre ABA Bank et Credigy, la Nationale détient une participation de 22 % dans le groupe financier NISA, en Côte-d’Ivoire, de 20 % dans le groupe bancaire AfrAsia, établi à l’île Maurice, de 10 % dans un groupe financier établi en Mongolie et une autre de 22 % dans Ongo, une entreprise spécialisée dans le paiement mobile qui se trouve au Myanmar.