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Recruter un gestionnaire de fonds vedettes est certes une manière d’attirer des clients, mais Franklin Templeton, PDG de Franklin Resources, estime que le jeu n’en vaut plus la chandelle, peut-on lire dans cet article paru chez Financial-Planning.

La présence d’une star de la gestion de fonds peut en effet entraîner une crise de succession lorsque celui-ci quitte la boîte. D’autant qu’il amène parfois des clients avec lui. Après tout, ce n’est pas la firme qu’ils avaient choisi, mais plutôt le gestionnaire. 

Le cabinet Franklin Templeton lui-même doit beaucoup à Mark Mobius, gourou de la finance qui a popularisé les marchés émergents auprès des investisseurs américains. En mai 2018, quatre mois après avoir pris sa retraite, il a créé son propre fonds d’investissement (à 81 ans), devenant ainsi un concurrent de son ancien employeur.

CONTEXTE DIFFICILE

M. Templeton estime que les décisions d’investissement sont rarement l’affaire d’une seule personne. Elles dépendent du travail de toute une équipe. Le contexte actuel rendrait aussi plus difficile le règne d’un gestionnaire hors pair. À la difficulté de battre le marché sur une longue période s’ajoute maintenant la montée des fonds indiciels à faible coût. « Les gens comprennent la force d’une équipe par rapport à un seul individu qui prend toutes les décisions », ajoute Franklin Templeton.

Ironiquement, son grand-père Sir John Templeton, fondateur de la firme en 1947, disait un peu l’inverse. « Je ne connais aucun fonds commun de placements géré par un comité qui a montré des résultats supérieurs, si ce n’est par accident », disait-il. Autre temps, autres mœurs…

AU TEMPLE DE LA RENOMMÉE

Sir John Templeton apparait dans la liste des cinq meilleurs gestionnaires de fonds de tous les temps, compilé dans un article d’Investopedia. Seuls les gestionnaires à la retraite pouvaient être admissibles à cette liste. 

La stratégie de Sir Templeton était d’acheter des outils d’investissement quand ils atteignaient « le point de pessimisme maximal ». Au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, il a acheté des parts de toutes les entreprises européennes cotées en Bourse dont les parts s’échangeaient pour moins de un dollar, incluant plusieurs qui étaient en faillite. Il avait emprunté 10 000 dollars pour réaliser cette opération.

Il a tout revendu quatre ans plus tard pour 40 000 dollars et a utilisé les profits pour financer ses futurs investissements. Son 30 000 dollars de profit équivaudrait aujourd’hui à environ 348 566 dollars. Un joli coup!

DES STRATÉGIES QUI RAPPORTENT

On retrouve également dans la liste d’Investopedia Benjamin Graham, le père de l’analyse de titres, dont le meilleur coup a été d’investir dans Geico, dont la valeur du titre est passé de 27 à 54 000 dollars.  

T. Rowe Price Jr était pour sa part connu pour dire que « ce qui est bon pour le client est bon pour la firme ». Avec une telle approche, on ne s’étonnera pas qu’il ait privilégié les actions de valeur et la croissance à long terme. Il ne jurait que par les bases (une bonne équipe de gestion, une industrie solide avec de bonnes perspectives, etc.). Son investissement dans Merck en 1940 lui aurait rapporté plus de 200 fois sa mise initiale. Il a aussi misé sur Coca-Cola, 3M, Avon Products et IBM. Il a été l’un des premiers à facturer des frais en fonction des actifs sous gestion.

John Neff se concentrait pour sa part sur les entreprises affichant de faibles ratios prix/revenus et généreuses en dividendes. Il accordait beaucoup d’importance à la psychologie de l’investissement. En 1984-1985, il a beaucoup investi dans Ford Motor Company et a quadruplé sa mise en trois ans.

Enfin, Peter Lynch n’hésitait pas à visiter un tas d’entreprises en personne pour voir s’ils n’avaient pas fait une petite amélioration que le marché n’avait pas encore remarquée. Lorsqu’il remarquait quelque chose qui lui plaisait, il achetait quelques actions, puis continuait d’en acquérir tant que la situation de l’entreprise lui semblait progresser.

Son fonds, Fidelity Magellan Fund, est finalement devenu le plus gros au monde (Fidelity Investment Funds). Il a notamment investi dans Dunkin’ Donuts et McDonalds, décuplant sa mise originale chaque fois.

Avez-vous des gestionnaires de fonds fétiches?