Plusieurs indicateurs laissent penser que les prix du pétrole vont demeurer élevés toute l’année, voire grimper encore jusqu’à 80 $ du baril, dit Brian See, vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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« Tout d’abord, les membres de l’OPEP ont décidé de maintenir les coupures de production amorcées en 2016. Cela leur a permis de réduire leurs inventaires aux plus bas niveaux en cinq ans, et c’est bien ce qu’il visaient initialement. S’ils continuent, les inventaires vont devenir sous-approvisionnés d’ici la fin 2018. Nous sommes au début de la saison haute de la conduite automobile », dit Brian See.

Toujours du côté de l’OPEP, l’expert constate des niveaux de conformité à des records historiques. Il attribue cela aux préparatifs entourant l’introduction en Bourse de Saudi Aramco, prévue pour cette année. « Saudi Aramco a évoqué des prix autour de 80 $ le baril », note-t-il, ce qui contribuera à des prix élevés de façon soutenue en 2018.

Un autre facteur de hausse est la difficulté des producteurs américains à transporter leur pétrole.

« Nous nous attendions à une croissance de plus d’un million de barils par jour cette année, mais il est possible qu’elle soit plus faible en raison des contraintes d’infrastructures dans le Bassin permien, d’où provient la majeure partie des hausses de production américaines. De nouvelles infrastructures doivent être bâties pour permettre à la production de croître », dit Brian See.

Enfin, les prix du pétrole sont influencés vers le haut par le risque géopolitique ambiant, dit l’expert. Il cite les craintes concernant l’accord sur le nucléaire entre l’Iran et les Nations Unies, dont les États-Unis ont annoncé leur volonté de se retirer, ainsi que le « chaos politique, économique et social » au Venezuela, où la production a chuté de 2,4 millions de barils à 1,5 million par jour. « Cela contribue aussi à des prix élevés dans les marchés mondiaux », dit-il.

Brian See recommande de positionner les portefeuilles énergétiques en prévision de la prochaine réunion de l’OPEP au mois de juin. « Nous favorisons les compagnies d’exploration et production (E&P), et nous sous-pondérons les titres situés à mi-chemin [de la chaîne de production], qui sont par nature plus défensifs. Dans un environnement de hausse des prix du pétrole, nous préférons donner la priorité aux producteurs, et c’est ce que nous avons fait. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.