Couple examinant ses factures.
Photo : Dinis Tolipov / 123RF

La pandémie du coronavirus a forcé plusieurs entreprises à réévaluer leur situation, et la majorité ont dû prendre des décisions difficiles, mais vitales. Or, ce qui revient souvent, et ce à quoi le gouvernement tente de répondre, est le problème de liquidité des petites et moyennes entreprises (PME). Mais certaines ont des problèmes plus importants, dont la solvabilité et la rentabilité.

« Si on prend l’exemple des restaurants qui sont fermés depuis le début de la pandémie, ils ont des problèmes de liquidité, mais pas seulement, précise Normand Verville, vice-président adjoint, planification fiscale et successorale chez IG Gestion de patrimoine, en entrevue avec Conseiller. Leur défi c’est de savoir s’ils vont pouvoir survivre ou être profitables lorsque la crise sera finie. Nous savons que la plupart vont devoir réduire le nombre de clients admis de moitié, ce qui représente un grand obstacle à la profitabilité de ces entreprises. »

Les programmes d’aide gouvernementale ont offert un certain répit aux entreprises. On peut ainsi penser à la subvention salariale d’urgence, qui leur permet de retenir une partie de leurs employés, ou encore le compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, à travers lequel les entreprises peuvent obtenir un prêt de 40 000$ sans intérêt auprès des institutions financières.

Normand Verville tient toutefois à préciser que les conditions dans lesquelles cette dernière aide peut être demandée doivent être étudiées très soigneusement. Les dirigeants de ces entreprises doivent évaluer leur situation en faisant des projections sur des périodes plus longues.

« Il faut évaluer les chances de survie de l’entreprise. Si l’entreprise fait faillite, et qu’en plus l’administrateur se retrouve à devoir des sommes importantes, ce sera plus difficile à gérer », explique-t-il.

Ces sommes peuvent représenter les prêts contractés auprès des institutions financières, ou encore les impôts et autres prélèvements dus au fisc.

« Les paiements d’impôts et de cotisations ont été repoussés, mais c’est seulement repoussé dans le temps et il faudra verser ces sommes à un moment donné. C’est important d’avoir une planification à plus long terme », précise Normand Verville.

Il explique que si les prélèvements, tels que la TPS/TVQ ou l’impôt à la source, ne sont pas remis au fisc, les administrateurs de l’entreprise peuvent en être tenus personnellement responsables.

Quant aux effets de la crise sur les PME, le gestionnaire soutient qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’étendue des dégâts. Plusieurs entreprises feront face à des retards de paiements à leurs fournisseurs ou de leurs clients, ce qui causera d’autres défis qu’on continuera de découvrir.