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Les banques centrales et les gouvernements semblent avoir stabilisé les marchés boursiers à coup de milliards de dollars et soudainement, votre client meurt d’envie de faire ses emplettes. Il est pressé, car il craint de rater de bonnes occasions. Que lui conseiller?

Selon plusieurs conseillers américains cités dans Financial Advisor IQ, mieux vaut lui recommander de se calmer et de faire preuve de patience. Déjà mauvaise conseillère en temps normal, la FOMO (Fear Of Missing Out, qu’on peut traduire par peur de rater une occasion) peut carrément faire des ravages dans un climat aussi incertain que celui qui prévaut actuellement. 

« Les investisseurs devraient ignorer leur crainte de rater une occasion, soutient Leslie Falconio, stratège principale à UBS Global Wealth Management. Il y aura probablement en continu des périodes de performance et de retrait des marchés. »

Certes, la Fed a mis tout son poids dans la stabilisation des marchés et de l’économie. « Elle était auparavant la prêteuse de dernier recours du système bancaire, mais maintenant elle est la prêteuse de dernier recours de toute l’économie », souligne Alex Dryden, stratège des marchés mondiaux à JPMorgan Asset Management. 

Selon Dave Yeske, directeur exécutif de Yeske Buie Advisors, le rebond des titres boursiers rappelle un principe de base de la planification financière. « Vous ne pouvez juste pas battre le marché, dit-il. Si vous vous étiez rangé sur les lignes de côté parce que vous ne pouviez pas supporter la douleur, au moment où vous réalisez qu’une reprise se produit, vous êtes en retard. »

REPRISE INCERTAINE

La rapidité et la taille de la réponse de la Fed lui donnent l’espoir d’une reprise en « V », un peu comme celle qui avait suivi le choc pétrolier du début des années 1970. Mais beaucoup d’incertitude quant à la nature de l’économie qui émergera de cette crise laisse présager une reprise plutôt en « U », donc plus lente, ou même en « W », donc marquée par des rechutes. Le Fonds monétaire international prédit une contraction de 4,6 % de l’économie américaine et de 6,2 % du PIB canadien. 

Pour l’instant, les analystes s’attendent à ce que la Fed prenne une pause, en attendant de voir comment se passeront le déconfinement et la relance. Elle doit se garder des moyens d’intervenir au cas où des difficultés se présenteraient.

GARDER LE CAP

Leslie Falconio croit que les investisseurs ont tout intérêt à rester diversifiés entre les catégories d’actifs et les régions. Gary Schlossberg, stratège mondial au Wells Fargo Investment Institute, rappelle que la reprise dans le marché des actions reste très concentrée dans les technos, notamment dans Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google. 

Conseillant aux investisseurs de se garder un bon coussin de protection constitué de liquidités et d’obligations, Dave Yesk conclut qu’il faut « jumeler l’optimisme avec une vision réaliste de la situation ».