Jeune entrepreneur fortuné et billets de banque virevoltant autour.
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S’il existe une recette pour faire fortune, les ingrédients sont à chercher dans l’entrepreneuriat et des traits de personnalité comme le non-conformisme et la capacité à suivre son instinct.

Qu’est-ce qui propulse quelqu’un parmi l’élite fortunée de la société? C’est à cette vaste question que s’attaque Rainer Zitelmann, un historien qui s’intéresse aujourd’hui à l’investissement et signe l’ouvrage The Wealth Elite. En s’appuyant sur des entrevues avec des personnes fortunées et sur les recherches universitaires, il souligne l’importance de certains facteurs décisifs pour expliquer comment certains parviennent à bâtir une fortune.

INFLUENCE FAMILIALE

En premier lieu, c’est l’entrepreneuriat qui permet le plus fréquemment de bâtir une fortune, explique M. Zitelmann. L’entourage familial joue un grand rôle, puisque les entrepreneurs à succès ont eu des parents eux-mêmes entrepreneurs bien plus souvent que la moyenne de la population. Bénéficiant de cette influence, l’entrepreneuriat a été naturel pour eux.

Il n’est pas rare de voir de riches entrepreneurs avoir obtenu des bulletins scolaires médiocres. Ni l’école ni l’université n’ont été déterminants pour eux, alors qu’un parcours universitaire est essentiel pour les dirigeants d’entreprises promus grâce à leurs diplômes.

Par contre, les activités extrascolaires ont une importance majeure dans le parcours d’un entrepreneur fortuné. Nombreux sont ceux à avoir soit pratiqué le sport en compétition, ou à avoir trouvé des moyens atypiques d’obtenir des revenus durant leur scolarité. Les premiers ont pratiqué le sport de haut, voire de très haut niveau, amateur ou professionnel, et ils ont appris à goûter à la victoire comme à la défaite, et à rebondir… Les seconds se sont ingéniés à vendre tout ce qui pouvait l’être, souvent de manière inattendue. Ils ont aussi appris à s’organiser par eux-mêmes pour parvenir à convaincre leurs futurs clients. Tous ont développé des gestes qui allaient les conduire vers le succès en entrepreneuriat.

EMPLOYÉS DIFFICILES

Pour certains, il a toujours été clair qu’ils seraient entrepreneurs… si bien qu’ils n’ont jamais passé un seul jour comme employé. Quant à ceux, parmi les entrepreneurs fortunés, qui sont passés par la case « employé », ils ont bien souvent montré des aptitudes à la rébellion et au non-conformisme. Cela les a souvent conduits à être désignés comme des employés « difficiles ». Ils n’hésitaient pas à confronter l’autorité hiérarchique, ou même leur professeur durant leur scolarité.

Dans le parcours entrepreneurial, les traits de personnalité sont déterminants. La plus grande qualité entrepreneuriale qu’ils se reconnaissent est la compétence en vente. Mais leur point de vue de la vente est bien plus large que seulement écouler un produit. Pour eux, vendre, c’est convaincre l’autre, y compris pour recruter un employé ou pour obtenir un prêt bancaire. Pour y parvenir, ils disent pouvoir compter sur l’empathie, qu’ils désignent comme une de leurs qualités les plus utiles. L’empathie leur permet de se mettre à la place de l’autre, et ainsi de pouvoir trouver les arguments pour le convaincre.

OPTIMISTES, INTUITIFS…

L’optimisme est une autre qualité déterminante dans leur succès. Ils définissent cet optimisme comme « la conviction qu’on est toujours capable d’identifier des solutions et de trouver une réponse à n’importe quelle situation, en se basant sur ses propres capacités, sur le réseau qu’on a bâti, ou sur ses qualités intellectuelles ».

Parmi leurs qualités, les entrepreneurs fortunés s’accordent pour donner une large place à l’instinct. Mais la plupart affirment que cet instinct n’est pas inné : il résulte de leurs expériences passées, souvent différentes de la majeure partie de la population, compte tenu de leur non-conformisme. Leur intuition leur a souvent évité des déconvenues, disent-ils.

Cependant, ils n’identifient pas la capacité à prendre des risques élevés comme un facteur clé de leur réussite… même s’ils concèdent que leur entourage pense que c’est le cas. Pour l’auteur, ces entrepreneurs fortunés tendent à sous-estimer les risques qu’ils ont réellement pris.

Et quand ils passent au « Big Five », un test de personnalité, le trait de caractère le plus fréquent est la conscience, qui inclut le sens du devoir, la minutie, la précision, le zèle, la discipline, l’ambition et l’endurance.

DES CONFLITS MAIS DE LA TRANSPARENCE

Habitués à remettre en question les opinions dominantes, les entrepreneurs fortunés entretiennent des relations plutôt conflictuelles au sein de leur entreprise, voire de leur cercle privé… mais ils sont plus conciliants avec les partenaires de leur entreprise, comme leurs clients et leurs fournisseurs.

S’ils doivent affronter une crise, ils le font avec calme. Ils reconnaissent la nécessité de la transparence dans ces moments troubles. Ils ont pour habitude de tenir informés leurs partenaires d’affaires. Et ils savent retenir les leçons de chaque crise… pour obtenir davantage de succès dans l’avenir.

Pour l’auteur de The Wealth Elite, il n’est pas clair si l’objectif financier a été un moteur de leur réussite, ou s’il n’a été qu’une conséquence de leur démarche entrepreneuriale à succès. Le seul point commun à tous les entrepreneurs fortunés passés en entrevue est qu’ils associent la richesse à la liberté et à l’indépendance. Et la plupart d’entre eux s’accordent pour donner une grande importance à l’indépendance financière, qui leur permet de se lancer dans de nouvelles aventures entrepreneuriales.