La peur du coronavirus
Photo : nito100 / istockphoto

L’économie mettra plus de temps à se remettre du COVID-19 que des pandémies précédentes, prévient Peter Hardy, gestionnaire principal de portefeuille, actions mondiales de type valeur à American Century Investments à Kansas City (Missouri).

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« Notre travail est de rester concentré sur les réalités économiques sans se laisser prendre dans la ferveur ou la peur du marché. Mais dans le cas du COVID-19, le bilan humain est vraiment désolant. On a connu le SARS, le MERS, la vache folle et d’autres épidémies, mais le COVID-19 en diffère largement », dit Peter Hardy.

Alors que ces épisodes précédents n’avaient causé que des ralentissements de courte durée, suivis de reprises rapides, les choses seront différentes cette fois-ci, croit l’expert.

« La situation va finir par être maîtrisée, mais le nombre de gens affectés, les mesures d’endiguement qui ont été prises et les autres conséquences du COVID-19 éclipsent les pandémies précédentes. La Chine a dû mettre en quarantaine une bonne partie de sa population. L’activité économique qui avait ralenti au nouvel an chinois, comme c’est le cas chaque année, n’a pas repris depuis. Des données comme la consommation d’énergie et la pollution confirment la lenteur de l’économie chinoise. En somme, tout s’est arrêté de fonctionner », observe Peter Hardy.

Cependant, la question importante pour les investisseurs est celle de la reprise économique à long terme, une fois la crise passée.

« La problème est de savoir combien de temps l’économie chinoise va rester au point mort. Le COVID-19 diffère des pandémies précédentes en ce que l’activité ne reprendra pas aussi vigoureusement par la suite, en raison du niveau élevé d’endettement en Chine. L’endettement au niveau mondial est difficilement tenable, mais beaucoup d’entreprises chinoises n’ont qu’un ou deux mois de liquidités à disposition et risquent de ne pas pouvoir payer leurs créanciers si la quarantaine persiste encore longtemps. Beaucoup pourraient déclarer faillite, et les pertes sur prêts risquent de se multiplier, ajoutant à la pression sur l’économie chinoise. La reprise serait alors incertaine », entrevoit l’expert.

« Dans ce contexte, nous favorisons les entreprises de haute qualité pour lesquelles les effets économiques à long terme seraient minimaux. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.