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Il revient aux gestionnaires de savoir les saisir, dit Nicholas Leach, vice-président à Gestion d’actifs CIBC.

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Plusieurs facteurs ont affecté les marchés financiers en 2018, selon lui : les hausses de taux d’intérêt, l’aplatissement de la courbe de rendement, les tensions commerciales internationales, l’incertitude entourant le Brexit, et la baisse des prix du pétrole. « Tout cela a créé de la volatilité dans les marchés d’actions, et a élargi les écarts de crédit dans les obligations », dit Nicholas Leach.

Du côté des taux d’intérêt, tant ceux de la Fed que de la Banque du Canada ont été rehaussés, ce qui est généralement une mauvaise nouvelle pour les détenteurs d’obligations. D’où une chute de 3,7 % des bons du Trésor sur 10 ans, et de 2,1 % pour les obligations de société de catégorie investissement, durant les trois premiers trimestres de 2018.

Les obligations à haut rendement, quant à elles, étaient en hausse de 2,5 % aux États-Unis. Au Canada, les titres de catégorie investissement ont surperformé par rapport à l’ensemble du marché. « Rappelez-vous que les obligations de société surperforment toujours dans un environnement de hausse de taux, et 2018 n’a pas fait exception à la règle », dit Nicholas Leach.

Puis au quatrième trimestre, le marché a viré de bord avec une chute importante des marchés d’actions.

« Les écarts de crédit s’élargissent toujours dans ce type d’environnement, tant pour les titres à haut rendement que de catégorie investissement. La volatilité du marché au quatrième trimestre semblait due aux facteurs que j’ai mentionnés, mais aussi à des éléments techniques », explique l’expert.

« En particulier, on a vu des milliards et des milliards sortir des fonds communs [d’obligations] en septembre et en octobre, pour aller dans les marchés monétaires. Ceux-ci sont très attrayants en raison du profil aplati de leur courbe de rendement. Les investisseurs peuvent récupérer un peu de rendement additionnel sans prendre autant de risque lié aux taux d’intérêt. »

Pour Nicholas Leach, cette vente massive d’obligations de société est en partie responsable de l’élargissement des écarts de crédit. La qualité du crédit ne s’étant pas détériorée outre mesure, il estime qu’il s’agit d’une « phase de transition » où l’on rééquilibre les portefeuilles pour passer d’une catégorie d’actifs à une autre.

Selon lui, la volatilité occasionnée par cette phase de transition crée de belles occasions pour qui sait les reconnaître.

Il cite en exemple Ford, dont les obligations non adossées privilégiées ont vu l’écart de crédit s’élargir en raison de craintes d’une révision à la baisse de leur notation.

« L’écart de Ford dépassait de 50 points de base celui de son concurrent Ally Financial. Cela paraissait d’autant plus exagéré qu’il s’agissait d’obligations subordonnées. Nous avons donc saisi l’occasion en achetant le titre de Ford. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.