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Un sujet d’actualité à l’approche de la Journée internationale des femmes, avec Carissa Lucreziano, vice-présidente, planification financière et conseil à CIBC.

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En matière de planification financière, les femmes font face à trois obstacles qui leur sont uniques, selon Carissa Lucreziano.

Elles vivent en moyenne 5,6 ans de plus que les hommes, ce qui les laisse souvent seules en charge du patrimoine après le décès de leur conjoint. Cette responsabilité soudaine de gérer l’épargne et la retraite à elles seules peut parfois leur paraître écrasante et les placer en situation de vulnérabilité, dit l’experte.

Ensuite, les femmes gagnent encore moins d’argent que les hommes, ce qui leur laisse un moindre budget discrétionnaire pour épargner. Le fait qu’elles prennent plus souvent congé que les hommes pour prendre soin d’un parent ou d’un enfant affecte aussi leur capacité à épargner : une sur trois disent avoir réduit ou stoppé leurs versements pendant ces périodes. « Tout cela creuse le fossé avec les hommes en matière d’épargne », dit Carissa Lucreziano.

Enfin, les femmes sont généralement plus prudentes en matière d’investissement, et pas forcément en raison d’un manque de connaissances ou de confiance, dit l’experte. Leur revenu inférieur à celui des hommes, leurs occasions moins fréquentes de promotion au travail, et leur temps passé en congé à prendre soin d’un proche leur laissent au bout du compte trop peu d’argent à investir pour prendre des risques aussi élevés que les hommes. « Elles doivent protéger leurs acquis, dit l’experte. Cependant, si elles se concentrent trop sur les placements prudents, leur fossé en matière d’épargne risque de se creuser davantage. »

Les planificateurs financiers doivent être conscients de ces obstacles afin de mieux conseiller leur clientèle féminine, croit-elle. Par exemple, il est encore plus crucial pour les femmes de commencer à épargner tôt dans la vie, de maximiser l’épargne lors des pics de revenus, et de vérifier régulièrement que le niveau de risque du portefeuille correspond aux objectifs à atteindre.

Concrètement, Carissa Lucreziano propose plusieurs idées pour adapter le conseil financier aux femmes.

« Les conseillers devraient impliquer les femmes dans les discussions financières même lorsque c’est leur conjoint qui s’en charge dans le couple, afin d’améliorer leur littératie financière et leur niveau de confiance. Ils peuvent adapter leur style de communication en invitant les deux conjoints aux rencontres importantes, en posant leurs questions à tous deux, et en respectant leurs préférences de communication respectives et leur dynamique familiale », dit Carissa Lucreziano.

Par exemple, on peut aborder la stratégie de placements à la fois sous l’angle du rendement et sous celui des objectifs à long terme de la famille, dit-elle.

« Pour bien des femmes, la planification n’est pas qu’affaire de performance. Elles tendent aussi à être plus soucieuses de prendre soin de la prochaine génération, ce qui implique une certaine préservation du patrimoine, et peut amener à une planification intergénérationnelle. »

L’experte recommande en outre d’encourager les femmes à s’éduquer sur la finance en les invitant par exemple à lire ou à suivre des séminaires sur des sujets qui les intéressent – encore une fois, même si c’est leur conjoint qui s’occupe des finances familiales.

Pour contrer leur réserve vis-à-vis du risque, Carissa Lucreziano suggère « une approche diversifiée entre les catégories d’actifs afin de compenser pour celles qui sont plus risquées. Des placements trop prudents risquent de menacer leur capacité à générer des revenus optimaux à la retraite ».

Enfin, l’experte croit que les femmes sont particulièrement réceptives à l’investissement socialement responsable et aux critères ESG (environnement, social, gouvernance). « C’est particulièrement vrai pour les femmes qui souhaitent laisser un héritage durable à la prochaine génération. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.