Mur de briques avec l'image du drapeau canadien.
Photo : Jugoslav Drobnjak / 123RF

Notre économie et notre devise peuvent compter sur plusieurs avantages en cas de ralentissement accentué, dit Luc de la Durantaye, chef des placements et stratège pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Après le dernier G20 [fin juin à Osaka], on a vu poindre un regain d’optimisme concernant les négociations entre la Chine et les États-Unis, jumelé à des indications des grandes banques centrales qui seraient prêtes à se montrer plus accommodantes en termes de politique monétaire. Cela a donné le ton aux marchés obligataires et d’actions qu’on a vus », dit Luc de la Durantaye.

Mais l’optimisme fait désormais place à la prudence, pour deux raisons selon l’expert : les négociations sino-américaines sont loin d’être terminées, et certaines banques centrales sont mal équipées pour stimuler davantage leurs économies respectives.

« Les négociations entre la Chine et les États-Unis vont continuer d’être ardues. Bien que les deux aient un intérêt individuel à réduire les tensions commerciales, les objectifs de l’une et des autres sont relativement différents et il va être difficile d’arriver à un accord qui va satisfaire les deux parties de façon importante », dit Luc de la Durantaye.

« L’incertitude quant au commerce extérieur va donc perdurer, ce qui va créer une pression négative sur les sentiments des consommateurs et des entreprises. Celles-ci vont investir moins et le commerce extérieur va ralentir », poursuit l’expert.

« L’autre élément qui nous rend prudent est le peu d’efficacité des efforts des banques centrales. L’Europe et le Japon ont déjà des taux d’intérêt négatifs, et il y a une limite après laquelle ils ne peuvent pas continuer de plomber leurs taux à partir des niveaux actuels », dit Luc de la Durantaye.

En conséquence, il s’attend à une croissance réduite des marchés d’actions au second semestre 2019, ainsi qu’à de possibles baisses de taux.

Heureusement, le Canada demeure assez bien outillé pour faire face à ces situations, selon lui.

« Il ne faut pas oublier que les exportations canadiennes sont principalement destinées aux États-Unis, et de ce côté-là les Américains s’en sortent assez bien relativement à l’Europe ou au Japon. D’être rattachés aux États-Unis est un avantage que nous avons. Ensuite, la Banque du Canada et la Fed ont davantage de munitions pour se montrer accommodantes en cas de ralentissement économique plus prononcé. Elles ont une plus grande souplesse en matière monétaire, et aussi fiscale dans le cas du Canada puisque notre déficit n’est pas trop élevé par rapport à celui des États-Unis. Je crois que le fait que le dollar canadien s’est bien maintenu récemment est un reflet de ces avantages. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.