Photo : Mahmoud Victor Moussa / 123RF

Du Brésil à Taïwan, ce phénomène typique des marchés émergents donne lieu à d’excellentes aubaines, dit Allison Fisch, associée et gestionnaire de portefeuille pour Pzena Investment Management, à New York.

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« La souffrance des marchés émergents en 2018 est provenue surtout d’une peur accrue envers un renversement de la mondialisation, les barrières douanières, les guerres commerciales, ou encore l’instabilité politique dans plusieurs régions. Les craintes d’une récession ont fait chuter les prix des actions et élargi les écarts de valeur au niveau mondial », dit Allison Fisch.

Et finalement, jusqu’ici les indicateurs macro-économiques sont plutôt positifs : les taux d’intérêt américains ne grimpent pas aussi vite qu’on le craignait, et les négociations commerciales ont pris un tonalité « légèrement plus positive », note l’experte.

« Maintenant que beaucoup d’actions s’échangent à rabais, les gens ont commencé à revenir dans les marchés émergents, qui remontent ainsi de leur creux de 2018 », observe-t-elle.

« C’est dans les marchés émergents que le cycle de la peur et de l’euphorie est le plus prononcé. Il n’est pas inhabituel de voir des variations très amples sur une courte période de temps. On ne peut pas prédire les marchés à l’avance, mais on peut reconnaître les bonnes occasions. Quand une liquidation a lieu et que les écarts de valeur s’élargissent, cela nous permet d’acheter des titres de bonnes entreprises à très bas prix. Ces aubaines surviennent seulement quand on a ce cycle de peur qui exerce une pression à la baisse sur des entreprises de très bonne qualité », dit Allison Fisch.

« Nous surveillons bien sûr les risques, mais ils dépendent d’une entreprise à l’autre, d’une industrie à l’autre et d’une région à l’autre. Nous établissons un scénario pour chaque entreprise et regardons les données chaque jour pour voir si elle est sur un chemin qui nous convient, comme la normalisation des profits ou la hausse du titre, ou si au contraire les risques s’aggravent. Tout dépend de l’entreprise, et c’est pourquoi celles que nous détenons sont très variées en termes de modèles d’affaires et d’expositions géographiques. C’est un reflet de l’environnement d’écarts de valeur dans lequel nous nous trouvons. En conséquence, nos risques sont également diversifiés », poursuit Mme Fisch.

Elle prend l’exemple du Brésil, où Pzena a récemment renforcé sa position dans une entreprise de services d’utilité publique.

« Nous croyons que ses profits vont augmenter parce que l’environnement réglementaire a évolué de façon positive. L’entreprise a plusieurs leviers à sa disposition, et il y a même des espoirs de privatisation, ce qui pourrait encore améliorer ses profits. Si rien de ceci n’a lieu, ou si l’environnement réglementaire fait marche arrière, alors notre position sera menacée. »

Allison Fisch mentionne ensuite Taïwan, où Pzena a acquis des titres d’entreprises de moyenne capitalisation qui sont exposées à Apple.

« Ces titres ont baissé en raison des remous du titre d’Apple. Nous croyons que leurs bénéfices ont été pénalisés par un volume de transactions à court terme. Ceci étant dit, si un grand changement survient au-delà des questions de volume, ou si ces entreprises perdent leur avantage concurrentiel, cela pourrait être un vrai risque pour leurs bénéfices. De notre point de vue, la meilleure façon d’évaluer le risque dans un portefeuille est de comprendre le risque de chaque entreprise que nous détenons, et sa capacité à créer de la valeur au fil du temps. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.