Il en va des objectifs de l’administration Trump ainsi que de la Fed, dit Luc de la Durantaye, chef des placements et des investissements pour Gestion d’actifs CIBC.

Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC

« L’appréciation du dollar américain dans les premiers mois de l’année l’a rendu surévalué par rapport à la majorité des grandes devises. Cela crée un obstacle aux objectifs de l’administration américaine. Les exportations américaines deviennent plus dispendieuses, et les importations moins dispendieuses, ce qui nuit à la réduction du déficit commercial des États-Unis », dit Luc de la Durantaye.

Selon lui, une force encore accrue du billet vert serait « mal reçue » par l’administration, de même que par la réserve fédérale, « car c’est une forme de resserrement monétaire. » Il s’attend donc à voir le dollar s’apprécier plus légèrement d’ici la fin de l’année.

L’expert entrevoit aussi une diminution des tensions commerciales, en faveur de l’Europe et du Japon, car leurs banques centrales pourront ainsi poursuivre la normalisation de leur taux. « Le différentiel de taux redeviendra favorable à ces économies et de leurs devises », dit-il.

Le yen suscite d’ailleurs beaucoup d’intérêt en ces temps incertains, croit l’expert : « Les investisseurs se replient sur lui pour protéger un portefeuille dans une période de tumulte comme cet été. »

« Quant aux devises émergentes, beaucoup se sont corrigées au premier semestre, et les éléments fondamentaux économiques sont encore assez robustes pour rendre certaines d’entre elles attrayantes en deuxième moitié d’année. Nous préconiserions donc certaines de ces devises au sein d’un portefeuille diversifié », ajoute Luc de la Durantaye.

Le huard, désormais sous-évalué face au USD, va pour sa part se retrouver « pris entre deux tensions », croit M. de la Durantaye.

« D’un côté il y a du positif : la sous-évaluation donne un certain degré de soutien à la Banque du Canada pour continuer de monter les taux de façon graduelle. De plus, les prix du pétrole restent assez forts pour soutenir les termes de change du Canada. Mais de l’autre côté, il y a des incertitudes concernant la balance commerciale et les tensions avec les États-Unis », poursuit l’expert.

« Le dollar canadien est prix entre les deux, dans une fourchette. On ne s’attend ni à une appréciation nette ni à une grande dépréciation. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.