Les obligations de sociétés notées CCC font mauvaise presse à l’ensemble des titres à haut rendement, et ceux qui ont des notations supérieures sont beaucoup moins risquées, argue Nicholas Leach, vice-président, titres à revenu fixe pour Gestion d’actifs CIBC.

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« Certains investisseurs hésitent à s’aventurer dans le haut rendement par crainte des défauts de paiement. Mais c’est une idée reçue », dit Nicholas Leach.

Selon l’expert, il faut distinguer trois niveaux de risque au sein de la catégorie : les BB de bonne qualité, les B de qualité moyenne, et les CCC de mauvaise qualité. Or, la plupart des défauts surviennent dans les titres notés CCC.

« Ils ne représentent que 14,5 % de la catégorie mais sont responsables de 80 à 85 % des défauts. Si on observe les trente dernières années, leur taux de défaut est de 14 % contre 0,79 % pour les titres notés BB », poursuit-il.

Nicholas Leach estime que pour se faire une idée plus juste des titres à haut rendement, les investisseurs devraient distinguer les CCC et les BB comme deux sous-catégories à part entière. « Leur risque de défaut est extrêmement différent », dit-il.

« Nous surpondérons les titres BB dans notre portefeuille, et nous avons retiré les CCC de notre indice de référence afin d’éviter toute tentation de nous y aventurer. Cette approche nous positionne bien pour 2017 en cas de gros changements dans le marché du crédit », explique M. Leach.

Reste bien sûr à bien choisir les titres.

« Parmi les BB, nous favorisons les grandes entreprises qui possèdent une masse critique, ont la première ou la seconde plus grosse part sur leur marché, et enregistrent des revenus stables et en croissance », dit l’expert.

Un exemple : T-Mobile, l’un des plus importants opérateurs de téléphonie mobile aux États-Unis. Selon Nicholas Leach, l’entreprise a les reins si solides qu’elle ne devrait même pas être notée BB. Si elle n’est pas listée dans la catégorie investissement, c’est même par choix.

« Beaucoup d’entreprises sont notées BB même si elles pourraient avoir une meilleure notation étant donné leurs éléments fondamentaux et la stabilité de leurs flux de liquidités. Pour une raison ou pour une autre, par exemple pour réaliser une acquisition, elles s’endettent de façon importante. Mais c’est leur choix. »