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La perspective d’une croissance économique modeste laisse croire que les devises américaines et canadiennes vont maintenir leurs positions respectives à moyen terme, selon Michael Sager, vice-président, multiclasse d’actifs et gestion des devises, Gestion d’actifs CIBC.

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« Il semble que l’économie mondiale est en train de ralentir, après une période de très forte croissance. Celle-ci devrait se poursuivre à un rythme modéré, mais favorable aux marchés d’actions. Bien sûr, plusieurs risques demeurent, incluant le variant Delta, les efforts de la Chine pour réglementer son secteur immobilier, et les politiques de la Réserve fédérale (Fed) », observe Michael Sager.

Pour ce qui est du coronavirus, l’expert voit la menace reculer en arrière-plan.

« Du point de vue économique, on est passé d’un risque global à un risque mineur, et son impact potentiel sur nos perspectives de croissance diminue peu à peu », affirme-t-il.

Du côté de la Fed, il entrevoit une réduction des achats d’actifs au cours du second semestre 2022, mais pas de hausse d’intérêt – le risque pour les marchés d’actions est donc moindre.

Quant à la Chine, « c’est l’un des risques les plus préoccupants. Les troubles de l’immobilier chinois pourraient se déverser sur le reste de l’économie. Mais cela demeure un risque de second plan », rassure Michael Sager.

Reste l’inflation. « On a assisté à une hausse significative de l’inflation en première moitié d’année, mais je crois que nous sommes près du sommet, surtout aux États-Unis. Il est possible que l’inflation demeure plus élevée que dans nos attentes au cours des prochains mois, car il reste des goulots d’étranglement à plusieurs points de l’économie mondiale. Mais avec la croissance qui se poursuit, nous croyons que l’inflation s’effacera peu à peu, et se rapprochera du 2 % ciblé par la Fed d’ici fin 2022 », dit Michael Sager.

Dans ce contexte, l’expert entrevoit un maintien de la valeur du dollar américain par rapport aux autres devises. C’est à long terme qu’il y a plutôt lieu de s’inquiéter.

« Le dollar américain est appelé à s’affaiblir en reflet des perspectives peu encourageantes de l’économie. En effet, le pays affiche un important déficit du compte courant, incluant le déficit budgétaire et la dette. Ces fondamentaux vont finir par peser sur le dollar américain dans les trois à dix prochaines années », entrevoit-il.

Quant à notre huard, il devrait tenir bon face au dollar américain, mais il n’en sortira pas plus fort selon Michael Sager.

« Le dollar canadien s’est beaucoup apprécié face au dollar américain pour la majeure partie de l’année dernière. Dans les derniers mois, il a reperdu un peu de terrain. La croissance économique est positive pour les prix des matières premières, et le dollar canadien gagnera donc probablement 3 ou 4 % à court terme. À long terme cependant, il n’ira pas plus loin, car la situation économique et les fondamentaux du Canada sont similaires à ceux des États-Unis. »