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Notre devise devrait osciller entre 74 et 77 cents américains en 2020, entrevoit Luc de la Durantaye, stratège en chef des placements et chef des investissements à Gestion d’actifs CIBC.

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« Quand on regarde les éléments déterminants du taux de change entre les dollars canadien et américain, il faut d’abord prendre en compte l’évaluation relative. On sait que le dollar canadien est sous-évalué mais à peu près seulement de 8 à 10 %. Parce que l’économie canadienne a un compte courant déficitaire, elle a besoin d’une devise sous-évaluée pour améliorer son commerce extérieur », dit Luc de la Durantaye.

Ensuite, selon l’expert, il y a la politique monétaire relative, c’est-à-dire ce que décident respectivement la Fed et la Banque du Canada. Or peu de soubresauts sont à prévoir de ce côté, dit-il alors que les dirigeants de la banque centrale canadienne doivent se réunir demain, et ceux de la Fed les 28 et 29 janvier.

« On s’attend à ce que les deux passent une bonne partie de l’année sur la ligne de touche. Aucune baisse ni hausse de taux n’est anticipée, alors ce facteur est plutôt neutre », dit Luc de la Durantaye.

Enfin, il y a l’évolution de l’économie des deux côtés de la frontière. Or le calme est au rendez-vous de ce côté-ci.

« L’économie canadienne a terminé faiblement le dernier trimestre, donc ça n’a pas donné beaucoup de momentum au début de l’année 2020. Je pense notamment à la faiblesse des ventes au détail », dit-il.

D’où sa prédiction d’une « fourchette » de 74 à 77 cents pour le huard en 2020.

« La seule chose qui pourrait brouiller les cartes serait la géopolitique. On a vu que [la crise entre les États-Unis et] l’Iran a été une source de soutien aux prix du pétrole. Cela peut aider le Canada qui est un grand exportateur. Les États-Unis sont maintenant eux aussi des exportateurs nets, ils n’importent plus de pétrole en quantité comme avant, mais une certaine volatilité de la ressource pourrait aider le Canada de façon sporadique au cours de 2020. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.