Pièces de monnaie canadiennes.
Photo : Maciej Błędowski

Il restera proche de 70 cents américains à long terme en raison du manque de compétitivité des exportations canadiennes, croit Avery Shenfeld, économiste en chef à la CIBC.

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« Le taux de change du dollar canadien semble stable pour le moment. Mais il est clair pour nous que si l’on souhaite rester près du plein emploi sans un nouveau boom de l’immobilier ou des dépenses des consommateurs, on aura besoin d’un huard plus faible pour y parvenir », dit Avery Shenfeld.

Sa cible à long terme (d’ici 2021) : environ 1,40 $CA pour 1 $US, ou 0,70 $US pour 1 $CA.

« La meilleure preuve en est que le commerce extérieur du Canada se porte mal depuis 14 ans. Notre volume réel d’exportations est resté à la traîne de celui des États-Unis pour toute cette période, après avoir été sur un pied d’égalité depuis le début des années 1960 », dit Avery Shenfeld.

Selon l’expert, depuis toutes ces années le Canada a perdu sa compétitivité et réduit ses capacités en matière d’exportations relativement aux États-Unis. À l’exception du pétrole, le pays a peiné à accroître ses exportations en conséquence.

« On ne s’en est pas tellement rendu compte grâce au plein emploi, au boom immobilier, et à l’essor des dépenses de consommation financées par l’endettement. Mais à présent que nous utilisons la réglementation et la politique monétaire pour influencer la situation de l’immobilier, je crois que les lacunes de l’économie commencent à apparaître. Notre incapacité à exploiter les exportations et les déficits commerciaux qui en résultent vont en fin de compte créer une pression à la baisse sur le dollar canadien », dit Avery Shenfeld.

Il entrevoit donc que la Banque du Canada va maintenir les taux d’intérêt suffisamment en-deçà de ceux de la Fed pour encourager un « repositionnement graduel » du huard.

« Ce n’est pas le résultat que nous préférons. Nous aimerions mieux voir des hausses de productivité et de dépenses en capital des entreprises, afin de soutenir les exportations. Mais les données nous indiquent que le Canada n’est juste pas suffisamment assez compétitif en matière de coûts avec les taux de change d’aujourd’hui. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.